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Abracadagascar

Ménéas MARPHIL

Fantasy  - Cycle : La Fabuleuse Histoire des lunes de Pandor vol.

Illustration de Didier GRAFFET
AU DIABLE VAUVERT, coll. Jeunesse n° (1), dépôt légal : août 2008
448 pages, catégorie / prix : 18 €, ISBN : 978-2-84626-164-7
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Un monde où la magie de l'océan rivalise avec celle des sorciers et où la formidable érudition du sage Ménéas Marphil nous emporte dans une merveilleuse épopée !

     Depuis qu'il a été recueilli enfant, Epiphane vit sur un îlot perdu au milieu de l'océan Infini. Mais à quinze ans, bravant les interdits, le jeune orphelin part en quête de son père. Au hasard de ses rencontres, il se découvre les pouvoirs d'un futur grand magicien et embarque sur l'île fabuleuse d'Abracadagascar pour rejoindre le plus grand centre de magie ancestrale au monde. Dans une nature luxuriante et nourricière, Epiphane découvre un univers prodigieux, où un arbre immense va abriter son initiation...

 
    Critiques    
     Décidément, les collections jeunesse ont le vent en poupe. En voici une de plus, chez un éditeur réputé pour l'originalité et l'exigence de sa production. D'emblée, ce premier ouvrage se montre alléchant, avec un titre exotique fort sympathique, une belle maquette et une superbe couverture de Didier Graffet façon voyage extraordinaire. La mise en avant du titre semble de plus montrer que l'éditeur y croit fortement...
     D'où une déception d'autant plus grande...

     Abradagascar est donc une histoire d'école de sorcellerie. Pourquoi pas ? J.K. Rowling n'a rien inventé et elle n'a pas le monopole des écoles de sorciers. Mais tout de même, faire semblant d'ignorer aujourd'hui le phénomène éditorial qu'a été la saga Harry Potter serait un peu hypocrite et un auteur actuel ne peut ignorer qu'on va comparer son récit à ce modèle désormais universellement connu — ne serait-ce qu'à travers ses adaptations cinématographiques. Alors, lorsque le lecteur retombe sur plusieurs scènes quasiment identiques, il lui devient très difficile d'investir cette nouvelle histoire.

     Orphelin comme nombre de héros en littérature jeunesse (on devrait instaurer des quotas), Epiphane subit la mauvaise humeur de la directrice de l'orphelinat (une méchante femme comme il se doit). Mais un gros poisson l'avertit qu'il n'est pas un garçon comme les autres et Epiphane se découvre magicien. Car il existe des individus qui voient naturellement les choses magiques, et — devinez quoi — les autres, pour qui la magie demeure invisible : on les appelle les moldus moazis ! Epiphane va donc rencontrer deux de ses futurs condisciples, avec qui il va acheter ses fournitures de classe. Avec quel argent ? Pas de souci, une fortune colossale l'attend dans un coffre (ce dont personne n'avait songé à le prévenir). Il va donc se procurer tout ce qu'il faut, d'autant plus rapidement qu'une guerre se prépare entre les magiciens normaux, les gentils, et le vilain magicien noir, nommé Voldemort Sauron Sarpédon ! Bien sûr, tout le monde compte sur Epiphane pour combattre Sarpédon (mais on a préféré attendre le dernier moment pour le former)...

     Mouais. Le jeu des ressemblances peut amuser un moment, mais il devient vite agaçant. Pour étoffer, l'auteur a voulu ajouter des éléments plus « costauds » à son récit. Il a donc emprunté à diverses mythologies notamment grecques, celtiques et nordiques. Un peu fourre-tout, certes, mais ce genre de fusion a parfois donné de jolis résultats — voir par exemple la série Everworld, de Katherine Applegate.
     Hélas, cette irruption d'éléments mythologiques disparates dans l'univers d'Harry Potter d'Epiphane n'est pas suffisamment cohérente pour convaincre davantage. Plutôt que de convoquer ces figures trop connues, l'auteur aurait sans doute tiré avantage à centrer l'aspect mythologique sur le seul Océan Indien, afin de construire une fantasy plus exotique et plus originale — comparable par exemple à la saga polynésienne des Rois-navigateurs de Gary Killworth.

     Reste l'écriture, agréable et vivante, jamais ennuyeuse. Malgré toutes les déceptions exprimées ci-dessus, la lecture demeure ainsi plaisante et divertissante. Ce qui fait que beaucoup de jeunes lecteurs y trouveront tout de même leur compte, sans s'occuper de l'avis grognon d'un vieux chroniqueur blasé.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 4/12/2008
nooSFere


 
Base mise à jour le 7 janvier 2017.
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