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Statut de la femme dans la bande dessinée d'avant garde.

Jean-Pierre FONTANA

Mercury N° 4, 6, 7, 9,10 et 11, décembre 2002

Statut de la femme dans les bandes dessinées d'avant-garde

Mercury n° 7 — fév. 1966

J. Chambon & J.P. Fontana & G. Temey


De nombreux illustrés sont parvenus ces derniers temps sur nos bureaux. Provenant aussi bien de France que de l'Etranger — grâce à l'amabilité de notre correspondant italien R. Valla -, ils ont suscité l'intérêt éveillé de la Rédaction ... et son étonnement. Aussi avons-nous cru bon de regrouper nos observations et de soumettre les questions qu'elles posent à la critique éclairée de nos lecteurs et lectrices.

Qu'il s'agisse du domaine italien d'où sont issues ALIKA -ALIKA-  dessins de G.Gick - publ. mensuelle - Dir. Via Cavour,133 - Roma (It.) et SELENE - SELENE -  dist. Messaggerie Italiana S.p.A. - Via Giulio Carcano, 34 - Milano (It.), ou du domaine français qui a connu BARBARELLA et se colore maintenant d'une SCARLETT DREAM dont le seul nom est tout un programme - voir notule de notre chronique Bandessinées in Mercury n° 6. Scarlett Dream parait dans , les B.D. voient incontestablement s'affirmer la promotion de l'héroïne féminine voir MERCURY n°4, page 78 .

Fait remarquable -. il s'agit exclusivement de Bandes de S.F. ou y confinant. Prémonition d'un futur proche où la femme prendrait irréversiblement la place qu'occupaient jusqu'à ce jour les Superman, Tarzan, Flash Gordon, le Fantôme du Bengale, bref les représentants mythologiques du mâle triomphant, ou prétexte favorable à l'épanchement de complexes érotiques comme à la manifestation outrancière d'un rêve où l'amour-fou reprendrait tous ses droits ? Les deux aspects sont sans doute mêlés... et pas toujours au profit de la S.F. et du dessin, ce qui a de quoi nous préoccuper.

En fait, l'importance du rôle joué par la femme dans la B.D. n'est pas nouveau ; il remonte aux origines mêmes du genre : le héros mâle et triomphant a toujours été flanqué d'une compagne fidèle — mais non moins érotisée — qui a nom Jane pour Tarzan, Diana pour le Fantôme, Narda pour Mandrake, Dale pour Flash Gordon, Daisy Mae pour Li'l Abner et... Olive pour Popeye D'aucuns prétendront que le sex-appeal d'Olive n'est pas très évident. Il n'en reste pas moins vrai que cette dernière attise bien des convoitises dans le voisinage.. Mais toutes ces filles attentives ne jouaient qu'un rôle de second plan, condamnées à panser les blessures, à subir les sévices des félons et à agrémenter le décor. Elles servaient tout au plus d'appât et constituaient parfois le moteur initial de l'action : le cas est très net pour Dale que Flash Gordon ne cesse de perdre et de rechercher, de délivrer et d'exposer selon un mouvement pendulaire implacable. Ces Bandes comportaient aussi de belles dames francs-tireurs agissant pour leur propre compte : femmes-pirates, reines-fofolles, victimes occasionnelles, hystériques de tous bords comme ces sœurs Marschall qui ne pensent qu'à violer le Fantôme ! Cela ne prêtait pourtant pas à conséquence ; nos héros avaient tôt fait de fesser ces dernières, turbulentes.

Alors Miss Lace vint On peut se reporter avec profit à l'article de Maurice Horn dans « V Magazine » d'automne 65.. Dessinée par Milton Caniff avec l'art savant du contre-jour qu'on lui connaît, elle fut créée dans l'unique but d'adoucir les durs moments que les G.I.'s traversaient durant la dernière guerre. Le charme exotique de sa beauté eurasienne peupla désormais les rêves des farouches soldats... Elle se déshabillait pour le plaisir de leurs collègues dessinés. Bien que ne présentant pas les caractères saillants des héroïnes qui nous occupent ici, la voie était ouverte à un type de personnage considéré, au sens large du terme, comme le repos du guerrier. Parallèlement, les héroïnes dessinées par Hogarth se raidissaient en des attitudes courageuses et n'hésitaient pas à prendre le fusil pour découdre du nègre en compagnie de Tarzan. Dès lors, ce double mouvement vers la prépondérance et la valorisation de l'héroïne dans la B.D. ne cesse de croître jusqu'à ces dernières années. Laissant de côté les Bandes américaines qui connaissent d'affriolantes beautés, venons-en sans plus tarder à Barbarella.

Fait saillant, la création de Forest se présente comme un épanouissement original du processus ci-dessus décrit et non comme un affadissement. S'il place au centre de ses histoires une héroïne aux mœurs libertines, Forest cherche essentiellement à créer des situations nouvelles. L'humour de ses croquis et de son texte, l'étonnante diversité de ses personnages et de sa faune, l'invention surréaliste, l'insolite des paysages, tout cela situe l'œuvre de Forest en dehors des préoccupations essentiellement érotiques. La nudité de Barbarella, outre qu'elle reste soumise aux nécessités de l'action, n'est pas agressive. Barbarella ne viole pas notre regard. C'est une bonne fille toute simple. Une naturiste saine pour qui un sexe d'homme n'est après tout qu'un sexe d'homme. La liberté corporelle qui la caractérise semble bien n'être qu'un piment à ses multiples aventures et l'érotisme relève davantage du contenu latent que de l'expressionnisme. Mais, comme si les raisons qui ont fait le succès de Barbarella avaient été mal comprises, la B.D. moderne glisse résolument d'un érotisme suggestif vers un érotisme de fait, du sous-entendu aux grandes orgues de l'exhibitionnisme.

Le personnage de Scarlett Dream semble bien illustrer la première étape de cette transition. Due à R.Gigi et C.Moliterni, respectivement pour le dessin et le scénario, il faut d'abord lui rendre justice. Si le graphisme est moins nerveux que celui de Forest, il n'en est pas moins élégant. Le décor n'est pas toujours très bien équilibré mais il témoigne d'une certaine recherche dans l'ordre du dépaysement. Les plans, assez variés et, parfois même, assez originaux, apportent une dimension essentielle au récit. Plus jeune que ses congénères, Scarlett Dream est une adorable ingénue perverse mais il faut reconnaître que malgré les taches de rousseur dont s'orne son ravissant visage, elle n'a pas la pétulance de la Poteet Canyon de Milton Caniff. Agent secret bien gadgétisé par son gouvernement, elle œuvre pour la bonne cause avec une gentille désinvolture et prend des bains de soleil parce qu'il faut bien satisfaire le voyeurisme de ce cochon de lecteur. D'où une dégradation du scénario particulièrement nette dans le dernier épisode Rendez-vous dans l'espace. Seule la deuxième aventure sur L'île des Hommes perdus est digne de quelque intérêt bien qu'elle réalise une fusion un peu plate de James Bond contre Dr No et de l'épisode de Barbarella chez la reine de Sogo.

L'héroïne italienne Alika, elle, se signale par un érotisme nettement agressif. Véritable « anti-Barbarella », elle est le type même de la robuste italienne à l'ample crinière brune et aux seins lourds, forte en croupe et en gueule, ce qui lui vaut le surnom de « Thrilling dello spazio ». Native d'Absur — c'est une extra-terrestre — elle remplit le rôle de justicière du cosmos au cours des péripéties qui se présentent sur sa route vers la Terre où elle ramène l'astronaute Martell égaré dans l'espace. Fidèle à celui-ci, elle lui conserve un amour absolu mais ne craint pas de feindre la tromperie pour le faire sortir de ses gonds : « Se Barbarella è L'INFEDELE DELLO SPAZIO, porte la page de garde de la Bande, ALIKA ha LICENZA DI AMARE ».C'est dire qu'Alika présente un aspect déchu du couple beaucoup plus poussé que celui présenté par Flash Gordon et Dale. Il est à noter qu'Alika est accompagnée d'un équipage féminin qui opère toutes les manœuvres de la fusée en petite tenue : on veut bien croire que la salle des machines dégage de la chaleur... En réalité, l'érotisme ne se justifie pas par les circonstances mais par le simple besoin de nous provoquer : on se déculotte en chœur afin que le lecteur, décidément considéré comme un adolescent vicieux, en ait pour son argent ! On a pensé aussi aux lectrices féminines et aux pédérastes : Martell est affublé dans le n° 4 d'un slip-coquille laissant toute liberté à ses fesses nerveuses... La Bande garde pourtant des qualités de scénario et le graphisme, quoique grossier, reste assez contrasté pour donner parfois des effets intéressants d'éclairage et de mouvement. Mais l'encrage abondant n'accentue que davantage l'agressivité des formes.

Avec Sélène, la compatriote d'Alika, un pas de plus est franchi dans le domaine du sordide. Comme le faisait très justement remarquer le n° 4 de Nuovi Orizzonti dans un bref article consacré au N°1 de Sélène, cette Bande semble n'avoir d'autre but que de « montrer et ne pas montrer » les formes généreuses de l'héroïne. Et le fanzine italien ajoutait encore : « Nous sommes en un mot en présence de fanta-sexy ». En fait, c'est pire, car l'imagination est complètement absente de cette Bande qui puise servilement chez Forest ses étonnantes fusées-œufs. « La ragazza delle stelle » emprunte de plus un physique calqué sur celui de Brigitte Bardot mais avec des traits ô combien maladroits et vulgaires ! Plus que de stylisation, il faut parler ici de schématisation et même de caricature. Il est impossible de donner un avis sur le dessin : il n'existe pas. Pas de décors, des plans rigoureusement plats, des personnages issus de plumes hésitantes, voire enfantines. Si la jeune femme — elle aussi agent de quelque service secret — présente quelque intérêt, c'est uniquement dans la mesure où notre indulgence se met en sommeil. Présentée dans des positions pour le moins équivoques et injustifiées, affublée d'une tenue vestimentaire qui se veut provocante mais n'est que ridicule oh ! ces robes retroussées jusqu'au nombril !. — Sélène se livre à des fantaisies qui relèvent délibérément du plus bas « concert-Mayol de province ». Graphiquement, les aventures ne deviennent qu'un accessoire informe. L'héroïne est dépouillée, le scénario est dépouillé, les décors sont dépouillés... une Bande vraiment dépouillée Sélène reste néanmoins un « sauveur de l'humanité menacée ». Décidément, les bons sentiments se nichent dans les endroits les plus invraisemblables !

De nouvelles Bandes semblent encore voir le jour comme la Jane pour qui le peuple de Sa Gracieuse Majesté britannique n'a, paraît-il, qu'yeux. Ces Bandes confirmeront peut-être ce que nous essayons de conclure de celles déjà parues Nouvel exemple: Phoebe Zeit-Geist (voir le Nouvel Observateur N° 56).


Puisqu'en effet nous postulons que la B.D. reflète l'éthique de la Société, ses aspirations, son idéal, deux constatations apparemment contradictoires s'imposent devant le flux de walkyries dépoitraillées qui s'y remarquent : masculinisation morale de la femme ; hyper-érotisation physique.

l) — MASCULINISATION

Tout d'abord, il semble certain que le héros-femelle concrétise le phénomène d'émancipation de la femme. On sait l'importance qu'ont eu les divers mouvements féministes anglo-saxons depuis le XIXème siècle. De cette exagération des revendications féministes est resté le mouvement d'émancipation de la femme dans la société occidentale : des lois nouvelles ont été créées en leur faveur. Le droit de vote n'est pas l'un des moindres. L'exemple récent des élections présidentielles françaises où le nombre des votantes a été supérieur à celui des votants ainsi que l'intérêt porté au statut de la femme par les candidats est assez probant. En outre, nombreux sont les ouvrages de femmes traitant de problèmes typiquement féminins qui paraissent à l'heure actuelle en France et à l'étranger. L'éternelle distinction de principe masculin et féminin, a été démystifiée par le grand mouvement intellectuel qui, au début du siècle, a secoué jusque dans ses racines la conception occidentale — et « universelle » — des choses Nous voulons parler de l'Anthropologie Culturelle Américaine.. A masculin ne correspondit plus forcément actif, et à féminin, passif. D'où notre kyrielle de femmes-conducteur d'engins, de femmes-avocat, de femmes-cultivateur... Certaines places jusque là rigoureusement réservées aux hommes ne le sont plus et le pauvre mâle se voit engueuler par des femmes-agent, brimé par des femmes-officier, distancé par des femmes de l'espace. Ainsi, dans le cadre de la B.D., Alika sauve Martell ou d'autres peuples au cours de ses pérégrinations et Scarlett Dream veille scrupuleusement à ce que le méchant Styx ne fasse pas sauter la planète. Ce n'est plus Zorro qui arrive. Les justiciers du Far-West, de la Jungle, de l'Espace et du Temps sont trop occupés à torcher bébé et à faire la vaisselle.


Aussi, comme pour compenser cette masculinisation évidente dans l'ordre de l'action, le dessinateur de B.D. va faire subir à l'héroïne une super-féminisation qui, si elle est contraire à la logique sociale et utilitaire, n'en est pas moins fondée sur une implacable logique complexuelle. Au port du pantalon, du monokini — qui identifie la femme à l'homme au torse nu et nie par là sa fonction nourricière et son potentiel érotique — , à la femme sportive aux épaules de lutteur, à la pauvreté des rondeurs des modèles d'identification proposés à la jeunesse (Françoise Hardy, Sylvie Vartan) — le style yé-yé est absolument anti-érotique — , vont se substituer dans l'ordre de l'aventure mythologique les collants abondamment remplis, les décolletés généreux, tout l'attirail vestimentaire capable d'exciter l'imagination, toute une collection de « sujets » à la sensualité éminemment disponible.

2)-HYPER-EROTISATION

On le voit, toute cette érotisation relève essentiellement de l'artifice et ne correspond en aucun cas à un état de fait et d'esprit implanté chez l'homme d'occident. De même qu'une certaine argumentation publicitaire — et là le Toi ma nuit de Sternberg a très bien su extrapoler — , de même que de nombreuses productions cinématographiques et diverses publications modernes comme le luxueux Playboy et son pâle imitateur français Lui reposent sur des linéaments érotiques profonds et savamment dosés, de même cette série de B.D. qui commence avec Scarlett Dream recèle une outrance charnelle singulière et contient une très réelle prospective culturelle : ces héroïnes qui pratiquent l'amour libre, dévoilent des charmes parfois douteux à tour de page sans qu'une nécessité dramatique les y oblige, portent le revolver compensatoire de leur impossibilité de faire pipi contre les murs Pour Freud et ses disciples, la Femme réalise un manque. Son envie du pénis paternel la poursuivra toute sa vie et son économie sera régie par la recherche de celui-ci, d'où sa dépendance. Cette thèse ou activité interprétative est le reflet d'un moment de la culture bien localisé. C'est dire si la conception freudienne, émanation d'une société de type patriarcal, est limitée dans ses postulats mêmes., obligent la sphère mâle, très nettement oblitérée, à suivre, pour se rapprocher de la femelle, tout un parcours déviant : voyeurisme, sadisme... C'est en effet à une violente frustration du mâle, lecteur et personnage, que nous assistons. Le but de la sexualité est radicalement détourné : l'inversion entraîne une perversion, mouvement dialectique qui se résout dans l'action du créateur de B.D., véritable porte-parole de la revendication mâle. L'exutoire réside en effet dans la propension qu'il manifeste à livrer l'héroïne au fouet (Scarlett Dream), aux rayons (Alika), à l'araignée (Sélène), aux objets anthropophages des deux jumelles séguriennes (Barbarella), dans le but de lui faire perdre, si possible, tout esprit de domination ... Hélas ! Nous sommes trop enculturés pour pouvoir supporter passivement ce renversement de situation. Le patriarcat avait (?) malgré tout du bon.
Il semble donc légitime de se demander ce que signifie cette nouvelle tendance. Suivant l'aphorisme qu'il n'y a pas de fumée sans feu, un tel mouvement ne peut se perpétuer que s'il est supporté par un vecteur culturel. Nous ne pourrons vraiment conclure que dans quelques années car nous saurons alors si le public a agréé cette projection futuriste et tente de rentrer dans le jeu. Mais, dès maintenant, il semble bien que nous assistions à une émanation de l'esprit occidental revendiquant contre la société actuelle étouffée par la rigidité de la morale et les conformismes de tous ordres (censure, interdits, tabous...). Finalement, la B.D. renferme, croyons-nous, une ambiguïté fondamentale de la société occidentale qui a voulu masculiniser la femme tout en la conservant féminine. La nostalgie de l'Eve première se traduit dans le débordement physique des héroïnes de B.D.. Nous sommes en présence d'une masculinisation morale sous un MASQUE de féminité, d'un personnage cherchant à réaliser la synthèse harmonieuse et idéale de deux tendances inhérentes à la société moderne, d'un James Bond sous l'enveloppe « pasteurisée » (M.Caen) d'une Little Annie Fanny Si Little Annie Fanny (nous comprenons ici cette Bande satirique d'un point de vue strictement réaliste) est un personnage chez qui , d'un Tarzan sous les traits de Jane Mansfield. C'est le stade expérimental : ce personnage de rêve est encore un monstre qui reflète ce moment ambigu où l'homme veut concilier l'image de la femme Eternelle et celle de la femme intégrée aux exigences de travail de notre société technique.

Du point de vue de l'esthétique de la B.D.,car c'est là tout de même notre vrai propos, le résultat n'est vraiment pas convaincant peut-être justement parce que l'homme est rabaissé à un tel point qu'on se sent en droit de lui jeter les plus sales épluchures. Seule Barbarella reste une merveilleuse B.D. pleine de tact et de mille délices conçus pour un lecteur intelligent. L'incontestable talent de Forest, qui n'en a que davantage depuis que nous avons pu constater les méfaits de ses imitateurs décadents, lui permet d'utiliser l'érotisme avec cette légèreté de touche qui fait les grands artistes. Rien qui « pèse et qui pose » chez lui. Barbarella nous offre avant tout les admirables trouvailles d'un rêve surréaliste et, telle une toile d'art, reste en dehors des fluctuations sociales. Car Forest, loin d'accentuer et d'alourdir un genre qui lui a valu du succès, va au contraire vers un plus grand dépouillement, vers cette fraîcheur enfantine qui reste malgré tout le plus grand atout de la B.D.,y compris celle dite « pour adultes ». Ainsi, son adorable Marie-Mathématique dont le troisième épisode télévisé est bourré d'inventions, telles ces poubelles satellisées dans l'espace qui contiennent pour les voyageurs de l'an 2000 tout un bric-à-brac merveilleux : vieux réveille-matin, ressorts divers, pantoufles éculées... et aussi le microbe du coryza dont la libération imprudente fait éternuer, à ne plus pouvoir conserver la situation en main les pirates qui ont assailli le vaisseau cosmique de Marie-Math...

C'est avant tout cela la Bande Dessinée : la POESIE.

Notes :

—ALIKA — dessins de G.Gick — publ. mensuelle — Dir. Via Cavour,133 — Roma (It.)

— SELENE — dist. Messaggerie Italiana S.p.A. — Via Giulio Carcano, 34 — Milano (It.)

— voir notule de notre chronique Bandessinées in Mercury n° 6. Scarlett Dream parait dans « V Magazine » depuis le N° d'Eté 1965.

voir MERCURY n°4, page 78 « James Bond en bi mono ou pas kini de l'Espace ».

D'aucuns prétendront que le sex-appeal d'Olive n'est pas très évident. Il n'en reste pas moins vrai que cette dernière attise bien des convoitises dans le voisinage.

On peut se reporter avec profit à l'article de Maurice Horn dans « V Magazine » d'automne 65.

Nouvel exemple : Phoebe Zeit-Geist (voir le Nouvel Observateur N° 56)

Nous voulons parler de l'Anthropologie Culturelle Américaine.

Fait étrange, sur quatre B.D. étudiées, quatre relèvent de la S.F.. !

Pour Freud et ses disciples, la Femme réalise un manque. Son envie du pénis paternel la poursuivra toute sa vie et son économie sera régie par la recherche de celui-ci, d'où sa dépendance. Cette thèse ou activité interprétative est le reflet d'un moment de la culture bien localisé. C'est dire si la conception freudienne, émanation d'une société de type patriarcal, est limitée dans ses postulats mêmes.

Nous sommes trop enculturés pour pouvoir supporter passivement ce renversement de situation. Le patriarcat avait ( ?) malgré tout du bon.

Si Little Annie Fanny (nous comprenons ici cette Bande satirique d'un point de vue strictement réaliste) est un personnage chez qui « le destin est inscrit dans I'anatomie » (Freud), elle n'est qu'un espoir dépassé de l'idéal féminin américain lorsque l'on sait que la crise d'identification féminine qu'ont traversée les Etats-Unis après la dernière guerre mondiale est pratiquement résorbée (voir B. Friedan « La Femme mystifiée » — coll. Femme — Ed. Gonthier). En Europe, il se produirait un court-circuit ; nous passons d'un patriarcat traditionnel à une équivalence des rôles homme-femme, sans heurt. L'influence grandissante des mass-media peut prochainement tout remettre en question dans notre société européenne et nous nous retrouverons projetés dans une situation identique à celle des U.S.A. au sortir de la guerre.

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