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Mariage, uchronie et hommage à Johnny Bruck

Café, SF, et assimilés (même de très loin…) 14. Aujourd’hui (27/01/2013)

Joseph ALTAIRAC

Facebook.com, janvier 2013

          Je double ma dose de café, ce matin : cet après-midi, je vais manifester pour soutenir l’institution — honnie par votre serviteur — du mariage, il me faut engranger des forces pour surmonter cet énervant paradoxe ! Enfin, c’est la vie, faite de contradictions apparentes. Mais il doit y avoir une sorte de cohérence en dessous... A bas le mariage ! Vive le mariage pour tous ! A bas le mariage ! Vive le mariage pour tous ! etc.

 

          Hier, en compagnie d’une assistance clairsemée mais d’élite, j’ai assisté à une conférence de l’expert et ami Eric B. Henriet sur l’uchronie à la médiathèque de Le Bourget/Drancy (France). C’était excellent : le domaine a été couvert sous toutes ses formes, avec clarté et précision. Un régal, ne ratez pas cette conférence si vous avez l’occasion de voir passer Eric dans votre région. Même les bons connaisseurs y apprendront des choses, je vous le garantis ! La Guerre de Sécession a été évoquée à plusieurs reprises en tant que motif d’uchronie, et je pense que le billet du café n’échappera pas à un délire sur ce sujet, dans un avenir proche : il suffit que je lise cette nouvelle de... mais on verra. Ce sera largement de la faute d’Eric, en tout cas. En attendant, un petit reportage photographique sur le conférencier en pleine action (je m’aperçois que je suis assez doué, avec mon iPad ! Hein ?). Chouette souvenir !

 

          Entre deux gorgées de café, il me semble indispensable de revenir sur le superbe ouvrage de Frank G. Gerigk, « Johnny Bruck, Perry Rhodan-illustrator, Der meistgedruckte Kunstler des Universums Werk und Geheimnisse » (Marlon, 2013). Oui, je sais, c’est en allemand, mais vraiment, si on aime l’illustration populaire, il ne faut pas hésiter. Et TOUTE l’illustration populaire, pas seulement celle relevant la thématique de Perry Rhodan et de la science-fiction. Cette dernière est certes dominante dans ce somptueux ouvrage cartonné de 320 pages, et l’on ne s’en plaindra pas, mais il est vraiment fascinant de voir que Johnny Bruck (1921-1995) était un artiste complet, capable d’illustrer des revues et romans de guerre, de western, policiers, d’aventures... une bénédiction pour les éditeurs populaires allemands ! Ses compositions doivent se compter par milliers, c’est tout de même assez impressionnant. Nous avons bien chez nous Brantonne et Gourdon, tous deux dignes de la plus grande admiration, mais il y a quelque chose... d’inexorable dans le trait de Johnny Bruck. Je cherche le bon qualificatif... Quelque part, l’artiste allemand me semble avoir réussi, par son style si particulier, une sorte de fusion entre le délire naïf et coloré de Brantonne, et le réalisme léché de Gourdon. Ce syncrétisme peut paraître improbable, mais j’assume l’audace de l’image.

 

          L’ouvrage de Frank G. Gerigk n’est pas qu’une simple et colossale compilation. L’auteur fournit en même temps un véritable travail d’historien, précis, daté, et se livre à toute une réflexion sur le métier d’illustrateur populaire. Certes, il faudra déchiffrer, laborieusement pour beaucoup d’entre nous, la belle et rude langue de Goethe, dictionnaire à portée de main, mais cela en vaut la peine. Ses connaissances dans le domaine de l’illustration sont absolument encyclopédiques, ce qui lui permet de se livrer à quelques rapprochement fort étonnants. Par exemple, Frank G. Gerigk a repéré de quelle manière certains éléments d’une composition du grand illustrateur américain Richard Powers se sont retrouvés recyclés par différents collègues, dont Johnny Bruck en personne... C’est pour le moins surprenant ! (Voir l’illustration reproduite). Mais cet exemple de recyclage n’en constitue qu’un parmi tant d’autres : Frank G. Gerigk en parsème littéralement l’album, avec gourmandise. Et cela ne se produit pas à sens unique : plus d’une fois, c’est Johnny Bruck qui se retrouvera pillé par des collègues plus ou moins respectueux... Allez, un autre exemple, la déclinaison du robot... Engagez vous, rengagez vous, qu’ils disaient !

 

          Apparemment, ce procédé d’imitation ou de copiage (c’est selon) semblait très courant d’un éditeur à l’autre, ou d’un pays à l’autre, ou d’un dessinateur à l’autre... Cette joyeuse désinvolture semble moins tolérée aujourd’hui, sans doute parce que, du fait des progrès des moyens de communication (dont un truc qui s’appelle Internet, je crois), les comparaisons sont beaucoup plus facile à faire... Cet univers éditorial jadis désinvolte est devenu plus tatillon, quelque part. Et plus juste pour les artistes consciencieux, en même temps ? On aimerait bien, mais c’est à voir...

 

          Oncle Joe
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