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En souvenir de John Amila/Jean Meckert (1910-1995)

Café, SF, et assimilés (même de très loin). Aujourd’hui (14/01/2013)

Joseph ALTAIRAC

Facebook.com, janvier 2013

          Quel meilleur moment que le matin, avec du soleil et du ciel bleu ce jour sur le nord de Paris (contrairement à ce que je prévoyais...) pour rédiger une petite chronique ? Avec l'aide du café, je vais tâcher de la rendre chronique, au sens quotidienne... Quotidienne et un brin nourrie et tout de même un peu intéressante (j'espère), ce qui n'était pas bien souvent le cas du temps où la chronique en question squattait un peu tristement le fil « 3615 Ma Life » sur le forum d'Actusf (site d'information sur la SF hautement recommandé !). Séduit par le système Facebook, dont je suis devenu un inconditionnel après l'avoir regardé avec méfiance, et cédant aux amicales pressions de quelques admirateurs (dont Nébal — critique fou plutôt thé, il faut l'avouer... — et JDB, traducteur d'élite et maître d'œuvre érudit de Baskerville), j'effectue le transfert, auquel je songeais depuis plusieurs semaines. Cette fois, c'est fait !

           Juste fini de relire (on aura un responsable de plus, pour les co(q)uilles restantes...) l'essai de Pierre Gauyat, « Jean Meckert, dit Jean Amila, du roman prolétarien au roman contemporain », à paraître d'ici quelques semaines en coédition Encrage/Les Belles Lettres. Meckert/Amila, c'est le polar, la Série noire, mais c'est aussi, un peu, la SF, pour deux titres, « La ville de plomb » (1949) et « Le 9 de pique » (1956). Le premier titre, signé Jean Meckert, est assez original, puisque l'aspect SF réside dans le fait que l'un des personnages du roman rédige... un roman de SF, et que le lecteur a l'occasion d'en découvrir des extraits ! La SF enchâssée en question (si j'ose écrire) relève de l'anticipation catastrophiste : un bombe atomique a à moitié détruit Paris, et des bandes survivent dans la partie relativement épargnée. Peu vraisemblable mais dans l'air du temps, et ça vaut vraiment la lecture pour le talent de Jean Meckert. Pierre Gauyat pense que l'auteur a pu s'inspirer d'un roman d'anticipation d'un immigré polonais et communiste, Bruno Jasienski, « Je brûle Paris » (1928), publié en feuilleton dans l' « Humanité » et fort heureusement réédité relativement récemment par Le Félin. Dans « L'Express », en 2003, Daniel Bermond chroniquait cette réédition inespérée :

          « Je brûle Paris » parce que Morand avait écrit « Je brûle Moscou », une nouvelle extraite de son « Europe galante », dont l'antisémitisme arrogant avait révolté Bruno Jasienski, jeune communiste d'origine polonaise. Il ne faut pas voir dans ce roman, paru en feuilleton dans « L'Humanité » en 1928, un chef-d'œuvre de rigueur littéraire mais il est exemplaire de cet art prolétarien tel qu'on le cultivait dans ces années de bolchévisation à outrance. Si cette métaphore d'un Paris dévasté par la peste fait sourire par la naïveté des dialogues et des situations, par un dénouement aussi conventionnel qu'un Jugement dernier, elle apparaît surtout comme le témoignage d'une utopie à laquelle on a cru pour de bon. Jasienski le premier, personnage déchiré et sacrifié, rappelle Benoît Rayski dans la préface, fusillé à Moscou en 1938, en plein délire stalinien. »
          « Le 9 de pique », en Rayon Fantastique, c'est une toute autre affaire... Jean Meckert s'en est expliqué dans la revue « Polar » (n°16) :
          « [...] Je ne sais pas si vous l'avez lu, ce roman de science-fiction... « Le Neuf de pique »... Là, c'est un moment de ma vie où j'étais fauché à crever de faim. Alors je vais voir Queneau, chez Gallimard. J'avais déjà demandé à Gaston... des avances... Et Queneau me dit : « Il y a « le rayon fantastique »... Faites quelque chose en vitesse. » — « Ah ! j'ai pas d'idées... » — « Bah si, allez... » Et puis j'ai eu cette idée du petit bonhomme dans le grand bonhomme... Enfin j'ai trouvé que c'était marrant. Et puis j'ai raconté cette histoire. En trois semaines, j'ai bâclé ça, et... J'ai fait ça dans la Nièvre, je me rappelle, j'avais une espèce de table de nuit, et une énorme machine à écrire, et je tapais ça là-dessus... Mais je l'aime bien, ce truc. Et puis, je n'en ai pas fait d'autre, parce que... j'avais plus besoin de sous de façon aussi pressante, faut croire... »

           A quoi tient la rédaction d'un livre, hein ? Voilà qui éclaire certains aspects de l'édition dans les années cinquante... « Le 9 de pique » a été réédité chez NéO (hum... peut-être plus difficile à trouver que l'édition oroginale...). Amila était davantage à sa place dans la Série noire, cela ne fait aucun doute, mais « Le 9 de pique », avec son côté décalé à la française dans la manière d'approcher la thématique SF, demeure une fort agréable curiosité. N'hésitez pas à le lire et à le faire lire !

 

          Oncle Joe
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