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Court métrage et science-fiction en France au début des années 80

Jean-Pierre FONTANA

Ecran Fantastique N°34, mai 1983

 

          A l'image du long métrage, son aîné, le court métrage français n'abonde pas en œuvres se réclamant peu ou prou de la science-fiction, du fantastique et même, tout simplement, de l'aventure. En fait, le court métrage français se penche beaucoup plus volontiers sur le quotidien et multiplie les tentatives d'expression d'états d'âme de marginaux comme si, pour guérir les maux qui frappent notre société contemporaine, il suffisait d'exorciser quelques unes de ses victimes par la magie de la lanterne cinématographique. Le court métrage français se présente donc fréquemment sous la forme d'un documentaire plus que d'un document, sinon d'un exercice de style autour de scènes de la vie conjugale ou extra-conjugale de nos concitoyens. Il exprimera volontiers des colères, des passions, des désirs plus ou moins exacerbés selon des rythmes qui ne seront pas forcément en corrélation avec le discours. Cinéma intimiste, cinéma vérité, cinéma mental, il occupe un écran d'où l'humour ne perce que très occasionnellement et, plus rarement encore, le rêve. Le cinéma français de court métrage ne rêve pas ; il « cauchemarde » dans le présent et sur son environnement. Et grâce aux festivals qui se sont multipliés ces dernières années afin de relancer un genre presque agonisant, nous obtenons par voie d'accumulation et d'association, un panorama qui ressemble surtout à un livre d'images presque néo-réalistes, voire hyper-réalistes, d'un univers généralement urbain et oppressant d'où est exclu l'imaginaire et sans que soit proposée la moindre alternative. Le confort de nos cités serait-il si définitivement admis que les névroses subséquentes devraient tout autant être acceptées comme un mal nécessaire ?

 

          Le moindre détournement de cet itinéraire portraitiste apparaît donc, chaque fois qu'il se présente, comme un défi à la raison, c'est-à-dire aux usages et, peut-être un peu aussi, aux moyens. Car si le court métrage français manque d'imagination, il semble pouvoir objecter la difficulté financière à concrétiser la chimère. Ce n'est pourtant qu'un faux prétexte ainsi que le démontrent quelques uns des films que nous évoquerons plus loin. D'ailleurs, il suffit de se tourner vers notre cinéma de long métrage pour remarquer que des genres autant à la mode que la science-fiction, le fantastique, voire l'héroïc-fantasy, y sont véritablement proscrits. Notre pays, dans son ensemble, souffre bien de la peur de rêver trop loin ou de rêver trop fort. Le court métrage n'est que l'un des nombreux reflets de cette affection.

 

          Vouloir répertorier tous les courts métrages de science-fiction réalisés ces dernières années relève de la plus haute fantaisie. En élargissant le champ d'investigation, nous nous proposerons donc plus simplement de passer en revue certains des films récents qui nous ont semblé présenter les rapports thématiques les plus intéressants avec la science-fiction.

 

          Eden (1982) de Robert Réa propose, dans un climat de merveilleux que n'aurait pas désavoué René Clair, une étonnante dérive des paradoxes temporels chers aux amateurs de S.F. Un homme, qui vient de mourir, retrouve au Ciel son père âgé d'une dizaine d'années à peine et sa mère dans la fleur de l'âge et de sa beauté. Il est vrai que chacun y est libre de choisir le temps de son existence passée qu'il juge le plus agréable. C'est ça, le Paradis !

 

          Le tigre du jardin des plantes (1982) de Jean-Denis Robert renoue avec le thème de l'échange de corps. Mais la démarche demeure trop rationnelle et emprunte plutôt à l'occultisme. Dans chaque félin réside quelque redoutable piège à âmes qu'il est dangereux de vouloir contempler.

 

          Avec Les arcanes du jeu (1982), Chantal Picault met en place une hypothèse d'univers parallèles puisqu'une jeune fille veut faire échec à la fatalité qui a tué son amie en revenant en arrière dans le temps. Le traitement emprunte toutefois les voies d'un fantastique trop classique et le film souffre d'une atmosphère trop tiède. Il n'est pas facile de jouer avec la mort...
          Enfin, Rendez-vous hier (1981) de Gérard Marx, cinéaste qui s'était déjà distingué dans le registre insolite avec l'excellent Nuit féline (1978), ne manque pas quant à lui ni de charme ni d'efficacité pour télescoper son personnage (Richard Bohringer) aux remugles d'un dramatique passé et le projeter dans le temps ou dans les dédales de la mémoire ancestrale, voyage qui lui sera forcément fatal. Malheureusement, là encore, tout en abordant l'un des thèmes les moins usités de la science-fiction, ce film se retrouve trop loin des règles pour ne pas être rejeté dans le territoire du fantastique.

 

          L'alternance de l'humour et de l'insolite

 

          Une autre catégorie de films, résolument installés dans le présent, laisse cependant sourdre, dans la représentation qu'ils font de notre monde, une angoisse qui endosse très vite les traits du fantastique. Cette terreur latente, qui suinte de la normalité, explose le plus souvent de la dualité qui nous oppose à nos propres créations. Ce fantastique-là rappelle un peu le combat que le Docteur Frankenstein dut livrer à sa création qu'il jugeait par trop monstrueuse parce qu'il lui reprochait, au fond, d'être devenue autonome. Il n'a plus grand chose à voir avec les vieilles histoires de spectres ou de vampires. Il est à la fois un ersatz mais surtout un cocktail de ces anciennes frayeurs, transférées aux objets, aux odeurs et aux bruits qui, bien que conçus par l'homme, l'agressent en permanence. Il se situe donc beaucoup plus près qu'il n'en a l'air de certaines préoccupations de la science-fiction, même s'il n'en adopte pas les codes ; peut-être, et nous l'évoquions plus haut, en raison justement du manque de moyens, encore que celui-ci en l'occurrence, n'entame pas la capacité au rêve.

 

          Le thème de l'agression soudaine de certains éléments de notre entourage matériel fait donc l'objet de quelques œuvres que nous allons à présent survoler et qui alternent l'humour, l'insolite et l'étrange pour ne pas dire l'horrible.

 

          Ainsi, Coup d'fil (1980) de Marc Jolivet se présente comme une pochade sans autre prétention que de distraire. Elle met néanmoins en scène un utilisateur de cabines téléphoniques aux instincts suffisamment vandales pour que les combinés en soient réduits à se faire justice eux-mêmes et mettent fin aux actes barbares du quidam par voir de strangulation.

 

          Sybille (1979) de Robert Cappa n'a rien d'un canular et constitue même un film exemplaire de ce fantastique moderne issu des affrontements de l'homme avec ce qu'il a créé. Son jeu sur le cinéma lui-même le rend d'ailleurs doublement fascinant par l'effet des écrans gigognes : celui devant lequel est installé le spectateur et celui qu'utilise le personnage central de l'histoire. Collectionneur de films, Sylvain a découvert aux Puces une bobine de film qui, à la première projection, ne lui révèle qu'un plan unique. Fasciné cependant par le visage de la jeune fille qui a été filmée en train d'emprunter le funiculaire de Montmartre, il fait part de sa découverte à l'un de ses amis. Mais lorsqu'il repasse le ruban de pellicule, celui-ci s'est enrichi d'un second plan. Et chaque nouvelle projection voit s'allonger le film qui montre ainsi la progression de l'inconnue dans les rues de la butte en direction de l'appartement même du collectionneur... jusqu'à ce qu'enfin sur l'écran et dans la réalité de Sylvain, l'inconnue passe sa porte, provoquant sa mort puisque aussi bien l'inconnue n'est autre qu'une des figures du destin. La pellicule retrouve alors sa longueur primitive, plan unique et fascinant d'un visage dont le regard guette déjà sa prochaine victime.

 

          Avec Voie d'eau (1982) d'Alain Robak, la démarche vers l'insolite se révèle plus lente, plus psychanalytique et, partant, plus réaliste dans sa façon d'explorer un univers intérieur tourmenté. L'agression est aussi moins directe ; elle transite par le malaise né de la solitude de l'habitant d'immeuble, coupé du monde extérieur par sa propre indifférence ou son égoïsme (et qu'il ne perçoit plus, au fond, qu'à travers la fenêtre de son téléviseur). Alors que, prenant un bain, un jeune homme s'est laissé couler par jeu, au fond de sa baignoire, lui parviennent soudain les échos d'une conversation d'amants dans les paroles desquels domine la crainte d'être découverts. Commence alors pour l'auditeur la longue quête le long des canalisations et dans les sous-sols de l'immeuble, des propriétaires des ces voix. L'investigation s'interrompt malheureusement alors qu'il se croyait sur le point de surprendre le couple, dans un regroupement de tuyaux et de robinets. Désireux de connaître la suite des propos qui s'échangent à cet instant, il retourne précipitamment là-haut, dans sa baignoire. Une main, surgie du néant, noie alors le témoin indésirable de cet amour hors du monde. Le décor de l'appartement, dépouillé jusqu'à la laideur, les couloirs sales, les sous-sols encombrés de détritus, contribuent à créer un climat inconfortable dans lequel seules les voix des amants invisibles possèdent quelque humanité. L'ennemi en l'occurrence, c'est le béton et une image froide parce que trop géométrique de la cité où survivent des êtres frustrés et malades de leur isolement.

 

          Le jeu de l'évasion

 

          Le mur blanc (1982) d'Antoine Lacomblez participe encore semble-t-il de cette prise de conscience soudaine que quelque chose existe au-delà du mur de notre égocentrisme. Et lorsque la crise intervient, qui nous fait percevoir les autres par-delà la barrière, il n'est pas si simple de décrypter le message qui parvient jusqu'à nous. Ici, c'est un voyageur qui s'installe entre deux trains dans la chambre d'un petit hôtel de province. Sur le point de s'endormir, il perçoit une litanie insoluble depuis le mur blanc qui lui fait face et dans un état presque hypnotique, il écrit bientôt de ses mains nues sur le plâtre tendre des signes étranges qui, à l'instar de la complainte, semblent issus de quelque Nécronomicon. Le lendemain matin, il découvrira dans la chambre d'à-côté un homme penché vers une femme sur le visage de laquelle il se livre à des sortes de passes. Mais c'est sans avoir pu comprendre que le voyageur reprendra le train.

 

          Un autre type de courts métrages, plus rares et c'est dommage, se place d'autorité sous le signe de l'insolite et, rejetant vite toute attache avec le présent, joue le jeu de l'évasion à la façon d'une embarcation, secouée par la tempête, qui voit se rompre ses amarres. C'est le cas de Je reviens de suite (1982) d'Henri Gruvman, une œuvre qui ne s'embarrasse pas de circonlocutions pour basculer du côté du délire. Par le biais d'un écran (la fenêtre), d'une malle (le « moyen » de transport) et d'un miroir (le lien communicateur), un prestidigitateur passe de la salle de projection au monde du film qui est projeté sur l'écran. A sa suite, les spectateurs gagnent ainsi une plage où ils peuvent exprimer leur conception de la liberté. Le réalisateur rend hommage en passant aux frères Marx (le jeu avec le miroir de La Soupe aux Canards) et à René Clair (la procession d'Entr'acte) et se livre (puisqu'il incarne en outre le prestidigitateur lui-même) à d'inconvenantes facéties autour de la nudité. Le retour du metteur en scène dans la salle de projection juste à la fin du film (à l'inverse des spectateurs-personnages) ramène la farce à une réflexion sur l'homme et l'univers occasionnel qu'il a façonné.

 

          Le Manège (1979) de Jean-Pierre Jeunet va un peu plus loin dans l'insolite, et esentiellement dans l'angoisse, au point de rappeler certaines fables de Borgès ou de Cortazar. Le décor : des marionnettes qui symbolisent évidemment des parents et leurs enfants s'approchant des chevaux de bois. Les enfants tournent, tendent les mains vers le pompon. Ceux qui l'attrapent sont saisis et conduits sous le manège où ils sont condamnés à faire tourner — galériens de l'horrible fête — la terrifiante mécanique. L'utilisation de figurines, les jeux d'ombre et de lumière, les gros plans sur les visages tourmentés, donnent à cette animation superbe l'atmosphère de cauchemar total que le sujet laissait entrevoir. Réussite incontestable, Le manège franchit en tous cas un nouveau pas dans le détachement volontaire par rapport au réel. La science-fiction authentique n'est manifestement plus très loin.

 

          Chocs du temps et science-fiction véritable

 

          Ouvrons ici une sorte de parenthèse pour parler d'un documentaire qui pourrait se prévaloir aussi de cette volonté de rompre avec le quotidien de façon délibérée. Le triangle de Mimizan (1981) de Florence Barnett et Jean-Louis Philippon, en s'appuyant sur le naufrage authentique d'un pétrolier et d'un cargo sur les plages landaises, fait jouer aux habitants le jeu de l'affabulation. Et si les naufrages en question n'étaient pas de purs accidents ? Si des naufrageurs avaient allumé des feux dans le brouillard pour faire échouer les navires et s'emparer, par ce biais, de leur cargaison ? Tout l'intérêt du film repose en grande partie sur la conviction des autochtones, dont l'accent contribue pour beaucoup à assurer la crédibilité du « reportage », et au montage, qui permet de resserrer dans le temps deux événements assez éloignés l'un de l'autre.

 

          La comète (1981) de Catherine Cohen porte carrément son sujet vers l'avenir. Une comète se rapproche de la Terre. La température s'élève considérablement. Nous voilà enfin en territoire connu. Dommage ! L'histoire se résume très vite en un conflit entre une mère et son enfant que les conditions particulières ne font qu'exacerber. C'est raté pour la S.F. Mais nous y voilà tout de même.

 

          Et nous laisserons à Jacques Robiolles l'honneur de franchir le pas. La forêt désenchantée (1981) n'est d'ailleurs pas sa première incursion dans le genre. Voici quelques années, il avait proposé avec Equinoxe (1976) un décor de plage polluée sur laquelle venait s'échouer une malheureuse sirène. Avec ce court métrage-là, ce sont les habitants mystérieux d'un bois qu'une autoroute en construction va bientôt dévaster, qui apparaissent dans une sorte de peplum féerique au sein duquel se noue une histoire d'amour dont le destin est lié à celui de la forêt. Ce film se démarque de l'ensemble de la production française par une fastuosité que lui confère l'image (scope-couleurs) et l'intensité romanesque. Il rachète à lui tout seul la mièvrerie et le manque d'ambition de tant de courts et de longs métrages. Un exemple du « risque à courir » si l'on veut que se réveille vraiment le cinéma français.

          Les chocs du temps sont présents dans d'autres œuvres comme Le rat noir d'Amérique (1981) de Jérôme Enrico, histoire intimiste où un écrivain se voit rejoint par la propre fiction qu'il compose, et, surtout, Du crime considéré comme un des beaux arts (1980) de Frédéric Compain qui présente, dans un cadre artificiel, un policier particulièrement subtil (Michel Piccoli) enquêtant sur un meurtre. Sommes-nous déjà dans le monde de demain ? Choc du temps également avec une nouvelle pochade de Marc Jolivet, Tic Tac (1982) qui voit le temps s'accélérer de façon réjouissante.

 

          Et nous nous trouvons enfin en présence d'œuvres de science-fiction qui osent dire leur nom. Thierry Foulquier nous l'affirme d'ailleurs bien haut et jusque dans le titre de Six minutes de demain (1982), un petit film axé sur la vision d'un univers concentrationnaire. Comment le fuir ? Evasion physique, fuit psychologique, drogue ou mort ? Les images graves ou presque statiques d'usines et de barbelés alternent avec les touches poétiques comme celle d'une femme nue dérivant au fil de l'eau. « J'ai énormément travaillé sur l'image et le son, explique Thierry Foulquier. C'est-à-dire que j'ai voulu faire une œuvre expressionniste. Tout est forcé. Tout est caricatural. Les usines, la fuite du soldat, la musique... C'est une vision complètement alternée de diverses touches de diverses petites visions qui composent une espèce de panorama que l'on reçoit de façon infuse. Il n'y a pas de continuité dramatique. C'est une variation sur un thème. »

 

          Le péril rampant (1981) d'Alberto Yaccellini participe aussi de la volonté de jouer à fond la carte du rêve en intégrant ici l'histoire elle-même dans une trame hypothétique dont elle ne serait que l'un des chapitres. Présenté comme le sixième épisode des « Aventures du Serpent », ce pseudo serial qui en possède toutes les qualités mêle allègrement le polar fantastique à la SF des super-héros, le tout agrémenté de brins d'humour sinon de parodie. Décors d'observatoire, d'usines qui rappellent d'ailleurs celles des Quatermass de Val Guest, robots, inventions terrifiantes, savants naïfs ou fous et justiciers masqués : tout est réuni pour réjouir un spectateur qui ne peut que regretter, au fond, l'absence des autres épisodes de l'imaginaire série. Une réussite cependant, qui laisse espérer de Yaccellini des œuvres plus consistantes et qui démontre de façon éclatante quelles expériences le cinéma français de court métrage devrait être capable d'envisager et, probablement, de réussir avec un peu d'audace.

 

          De l'audace, il en fallait assurément pour tourner Le Bunker de la dernière rafale (1981), œuvre tout à fait insolite, magistrale, inconfortable et impossible. Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet ont osé et réussi un pari qui surprend par l'ampleur de son ambition et par sa réussite. Voilà un classique (déjà !) au même titre que le T.H.X. 1138 — 4 E.B. de George Lucas et qui dégage, à notre avis, bien plus de force, peut-être par son refus à toute concession et, essentiellement, d'un échappatoire final comme cette lumière que découvrait le héros du court métrage américain à l'extrémité du tunnel. Dans un blockhaus sont réunis des soldats survivants de quelque guerre future, qui guettent un agresseur inconnu ; un compteur, brusquement, se met en marche, égrenant à rebours des nombres qui semblent mesurer le temps séparant les militaires d'une (im)probable apocalypse. Alors, l'ordre établi dans le bunker s'effrite, s'effondre, écrase un à un les survivants. Jusqu'à ce qu'arrive l'heure H ou rien ne se passe. Et le temps poursuit sa course au-dessus des cadavres imbéciles.

 

          Parce qu'il enfreint les règles du réalisme et de la prudence, de la mesure et de la conformité, Le bunker de la dernière rafale constitue donc une pièce unique dans le paysage du court métrage français. Dès lors, une question se pose, à laquelle seules les prochaines années vont pouvoir répondre : les cinéastes d'aujourd'hui et de demain emprunteront-ils la voie difficile ouverte par Marc Caro et J.P. Jeunet ou, tels les navigateurs soucieux d'éviter les écueils, préfèreront-ils s'engager sur les vastes boulevards du conformisme ? La cuvée 1982-1983 n'incite guère à l'enthousiasme, même si des œuvres comme Bluff de Philippe Benoussan, Café plongeoir de Jérôme Alain Boivin ou Le point d'eau de Valérie Moncorgé, malheureusement trop proches de la peinture psychologique, laissent percer de réels talents. Un certain recul est cependant nécessaire avant de redouter que le Bunker n'ait pu faire école. Parce que, s'il en était ainsi, il faudrait alors se résoudre à ne voir dans ce film qu'un prodige, un miracle, un accident enfin, que les générations futures regarderaient comme un mythe ou comme un mensonge. Mais s'il se trouvait quelques réalisateurs que l'ailleurs et le futur n'effraient pas, qui acceptent de se ranger sous la bannière de la fantaisie et d'étaler au grand jour les trésors cachés de l'imaginaire français, nul doute que ce serait non seulement une évolution mais bien une véritable révolution. C'est tout le mal qu'il faut souhaiter au court métrage français.

 

          Jean-Pierre Fontana (L'Ecran Fantastique n° 34 — Mai 1983)
 

 

Fiches techniques

 

          Arcanes du Jeu (Les) — (1982) — Prod. : Synchronie Productions — Réal. et Scén. : Chantal Picault — Photo : Yves Pouffary, Claude Michaud — Son : Pierre Camus -Musique : Jean-Paul Van den Bosche, Bernard Szajner — Montage : Françoise Beloux — Interprétation : Anne Morello, Zazie, Max Vialle, Jacques Rispal, Yves Carlevaris, Bernard Szajner — Durée : 26 minutes

 

          Bunker de la dernière rafale (Le) — (1981) — Prod. : Zootrope Productions & TF1 Films Production — Réal., décors et graphismes : Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro — Scén. : Gilles Adrien, Marc Caro & J.P. Jeunet — Photo : Bruno Delbonnel — Son : Parazite — Musique : Parazite — Montage : J.P. Jeunet — Interprétation : Marc Caro, Jean-Marie de Busscher, Spot, Bruno Richard, J.P. Jeunet — Durée : 27 minutes

 

          Comète (La) — (1981) — Prod. : Paris Boulevards Film — Réal. : Catherine Cohen — Photo : GilbertoAzevedo — Son : Pierre Lorrain — Musique : Olivier Praquin — Montage : Isabelle Rathery — Interprétation : Christine Fersen, Romain Trembleau — Durée : 22 minutes

 

          Coup d'fil — (1980) — Prod. : Fil de Broc — Réal. : Marc Jolivet — Photo : Pierre Gauthard — Son : Harold Maury — Musique : AlainFillon — Montage : Bernard Uzan — Interprétation : Marc Jolivet — Durée : 6 minutes.

 

          Du crime considéré comme un des beaux-arts — (1980) — Prod. : Les films du Lagon bleu — Réal. : Frédéric Compain — Scén. : Frédéric Compain et Gilles Taurand — Photo : Erwin Huppert, Pierre Gauthard — Son : Jean-François Auger — Musique : Groupe Lo — Montage : Christophe Loizillon, Jean-Louis Cavalan — Décors : Jean-Denis Compain — Interprétation : Michel Piccoli, Dominique Farro, Rébecca Pauly, Pat Andréa — Durée : 15 minutes

 

          Eden — (1982) — Prod. : Cinémarc — Réal. et scén. : Robert Réa — Photo : Jean-Noé Ferragut — Son : Jacques Gauron — Musique : Jean-Claude Deblais — Montage : Anne Baudry — Interprétation : Jean-Pierre Darroussin, Didier Crespo, Zabou, Philippe Leroy-Beaulieu — Durée : 13 minutes

 

          Forêt désenchantée (La) — (1981) — Prod. : Charlie Bravo — Réal. et scén. : Jacques Robiolles — Photo : Renan Pollès — Son : Patrick Baroz — Musique : Moa Habaid, Armand Assouline, Jacques Robiolles — Montage : Hervé de Luze — Costumes et décors : Pascal Rozier, Christian Auffray, Jacques Robiolles — Interprétation : Fabrice Luchini, Bojena Horackova, Colin Jorre, Luc Passereau, Pierre Atterand, Jean-Christophe Rosé — Durée : 28 minutes

 

          Je reviens de suite — (1982) — Prod. : Pierre Braunberger — Réal. et scén. : Henri Gruvman — Photo : Jacques Boumendil — Musique : Mendelsohn, Mozart, Rossini — Montage : Sarah Mallison, Eva Frogeles — Interprétation : Henri Gruvman, Florence Aguttes, Uricka White — Durée : 15 minutes

 

          Manège (Le) — (1979) — Prod. : Cinémation — Réal. et scén. : Jean-Pierre Jeunet — Photo : J.P. Jeunet — Son : J.P. Jeunet — Décors : Marc Caro — Musique : Philippe Sarde — Montage : Manuel Otéro et J.P. Jeunet — Interprétation : marionnettes de Marc Caro — Durée : 10 minutes

 

          Mur blanc (Le) — (1982) — Prod. : GREC — Réal. et scén. : Antoine Lacomblez — Photo : Mano Barroso — Son : Jean Umansky — Montage : Claire Pinheiro — Interprétation : Jean-Hugues Anglade — Durée : 15 minutes.

 

          Péril rampant (Le) — (1981) — Prod. : P.I. Production (H. Niogret) — Réal. : Alberto Yaccelini — Phoro : Bernard Lutic — Son : Jean-Paul Loublier — Musique : Jorge Arriagada — Montage : Alberto Yaccelini — Interprétation : Pierre Julien (Pierre L'Embryon), Bernard Born (l'inspecteur Spencer), Maurice Vallier (le professeur Norris), JeanneBiras (Elsa Tribeau), Gérard Helfmann (Ego), Jean-Claude Dreyfus (le Serpent), Michèle Loubet (Lorna), Jean-Pierre Elga (l'adjoint Dupré), Gilbert K. Jakubzcyk (Gert, l'automate) — Durée : 25 minutes.

 

          Rat noir d'Amérique (Le) — 1982 — Prod. : Paul de Roubaix & Les Fils du Centaure — Réal. et Scén. : Jérome Enrico — Photo : François Catonne — Son : Patrice Noia — Musique : Celia Reggiani — Décors : Noelle Galland — Montage : Dominique Martin — Interprétation : André Julien (le vieil écrivain), Philippe du Jannerand (le peintre), Philippe Goyard (le mime), Louis Julien (le jeune écrivain), Pierre Arditi, Pia Courcelles — Durée : 21 minutes.

 

          Rendez-vous hier — (1981) — Prod. : U.R.C. — Réal. : Gérard Marx — Scén. : Dominique Lancelot et Gérard Marx — Photo : Tonino Nardi — Décors : Bianca Florelli — Son : Alix Comte — Montage : Chantal Colomer — Interprétation : Richard Bohringer (Pierre), Michel Derville, Peter Berlig, Catherine Jarrett — Durée : 26 minutes

 

          Six minutes de demain — (1982) — Prod. : Les Films de la Fille en Rouge — Réal. : Thierry Foulquier — Photo : Antoine Lopez, Thierry Foulquier — Son : Luc Baptiste, Thierry Foulquier — Interprétation : Carole Simon, Luc Baptiste, Marie Foulquier-Arnaud — Durée : 6 minutes.

 

          Sybille — (1979) — Prod. : Les Films de la Galère — Réal. et scén. : Robert Cappa — Photo : Robert Dianoux — Son : Michel Boudinet — Montage : Monique Boumendil — Musique : Michel Sardabi — Interprétation : Manuel Bonnet, Jean Montagne, Brigitte Roudier, Gilles Kohler — Durée : 15 minutes.

 

          Tic Tac — (1982) — Prod. : Biofilm — Réal. : Marc Jolivet — Photo : Dominique Brenguier — Musique : Azimut — Montage : Eric Missler — Interprétation : Marc Jolivet — Durée : 4 minutes

 

          Tigre du jardin des plantes (Le) — (1982) — Prod. : Copra-Film — Réal. et scén. : Jean-Denis Robert — Photo : Patrick Thibaut, assisté de Jean-Marie Drejou — Son : Guillaume Sciama, assisté de Sophie Chiabaud — Musique : Olivier Lartigue — Montage : Marie Robert — Interprétation : Valérie Chassigneux, Hippolyte Girardot — Durée : 14 minutes

 

          Triangle de Mimizan (Le) — (1981) — Prod. : Films Video Film — Réal. : Florence Barnett et Jean-Louis Philippon — Photo : Patrice Guillon, Eric Brissard, Tade Piasecki — Son : Brice Matthieussent — Musique : Groupe Quiproquo — Montage : Dominique Marcombe — Interprétation : Les habitants de Mimizan — Durée : 16 minutes.

 

          Voix d'eau — 1982) — Prod. : Lumar Films — Réal. : Alain Robak — Scén. : Alain Robak et Michel Tassily — Photo : Monique Richard — Son : Patrick Lieffrig — Montage : Benedict Teiger — Interprétation : Christian Ugolini — Durée : 16 minutes.
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