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L'écran démoniaque

Histoire du cinéma Allemand

Jean-Pierre FONTANA

Ciné-club , juin 1967

          L'expression Ecran Démoniaque reprise à l'occasion de la rediffusion de plusieurs films issus de la grande époque du cinéma allemand, fut, à l'origine, le titre d'un ouvrage publié il y a quelques années par Mme Lotte EISNER et relatif au cinéma allemand des années 20. Mais pourquoi Démoniaque ?
          En fait, l'histoire du cinéma allemand — déterminante dans l'histoire de l'Art cinématographique même — se résume à une dizaine d'années. De 1913, date de réalisation de L'étudiant de Prague par Stellan Rye à 1925-27 où fleurissent les derniers films muets de Henrik Galeen, Joe May, Pabst ou Metzner, c'est une succession ininterrompue de chefs d'œuvre et de classiques aux caractères bien particuliers, depuis l'Expressionnisme jusqu'au Kammerspielfilm ( ou film d'atmosphère ) en passant par les films à costumes dont Ernst Lubitsch se fit une spécialité. Après 30, date de l'avènement du parlant, le cinéma allemand ne retrouvera plus cette prééminence, traversé qu'il sera par l'influence grandissante de Hollywood et par divers courants politiques.

 

          Petite filmographie :
          1913 — L'ETUDIANT DE PRAGUE — Stellan Rye et H. Galeen — int. P. Wegener, W. Krauss
          1915 — LE GOLEM .. H. Galeen et P. Wegener — int. P. Wegener
          1916 — HOMUCULUS — Neuss et Otto Rippert —  :int. Olaf Föns
          19 18 — CARMEN — Lubitsch — int. Pola Négri
          1919 — LA PESTE A FLORENCE — Rippert -
          MADAME DU BARRY — Lubitsch — int. Pola Négri, E. Jannings, H. Liedtke
          1920 — ANNE DE BOLEYN — Lubitsch — int. Jannings, Henny Porten
          LE GOLEM — H. Galeen — (2ème version) — int. P.Wegener, Lyda Salmonova
          LE CABINET DU Dr. CALIGARI -
          1921 — LA FEMME DU PHARAON — Lubitsch — int. P.Wegener, E. Jannings, H. Liedtke
          LES TROIS LUMIERES -
          TORGUS — Hans Kobe — int. Maria Leyko, Adèle Sandrock
          L'ESCALIER DE SERVICE — P.Leni et L.Jessner — int. H.Porten, F.Kortner
          LE RAIL — Lupu Pick — int. W. Krauss, Edith Pesca, P. Otto
          1922 — NOSFERATU —
          MABUSE -
          VANINA — Von Gerlach
          1923 — BARUCH — E.A. Dupont
          LA CHRONIQUE DE GRIESEHÜSS — Von Gerlach
          LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE — Lupu Pick — int, E. Klöpfer, Edith Posca
          1924 — LES NIEBELUNGEN
          LE DERNIER DES HOMMES
          LE CABINET DES FIGURES DE ClRE — Paul Leni — int. E. Jannings, C.Veidt, W. Krauss, Lupu Pick...
          LES MAINS D'ORLAC — Robert Wiene —
          1925 — LA RUE SANS JOIE — G.W.Pabst — int. Greta Garbo, A.Nielsen, W. Krauss
          VARIETES — E.A. Dupont — int. E. Jannings, Lya de Putti, W, Ward et les trois Codonas en doublure.
          TARTUFFE — Murnau
          1926 —  FAUST — Murnau -
          L'ETUDIANT DE PRAGUE — H.Galeen — int. C.Veidt, W.Krauss (2ème version)
          1927 — METROPOLIS
          LA SYMPHONIE D'UNE GRANDE VILLE — Walter Ruttmann.
          1929 — LOULOU — Pabst -
          LA FEMME DANS LA LUNE — Lang

 

          Débuts du parlant — Déclin du cinéma allemand.

 

          1930 — QUATRE DE L'INFANTERIE — G.W. Pabst — int. F. Kampens, G.Diessl
          L'ANGE BLEU — Joseph Von Sternberg — int. Marlène Dietrich, E.Jannings
          LE CHEMIN DU PARADIS — Wilhelm Thiele — int. Lilian Harvey
          1931 — M. LE MAUDIT — Fritz Lang — int. Peter Lorre
          L'OPERA DE QUAT'SOUS — G.W. Pabst
          JEUNES FILLES EN UNIFORME — Léontine Sagan
          LE CONGRES S'AMUSE Erik Charell -
          1932 — L'ATLANTIDE — Pabst
          LA LUMIERE BLEUE — Leni Riefenstahl
          1933 — LE TESTAMENT DU DR. MABUSE — Lang —
          LIEBELEI — Max Ophuls

 

          Après la victoire du nazisme ( 5 mars ), réorganisation du cinéma, premiers films de propagande hitlérienne.
          1935 — nouvelle version de L'ETUDIANT DE PRAGUE — A. Robison
          L'HOMME — Thea Von Harbou.
          Leni Riefenstahl dirige le cinéma allemand, relayée par le Dr. Goebbels.

 

          LE CABINET DU DOCTEUR CALIGARI

 

          FICHE TECHNIQUE
          Titre Original : Das Kabinett des Dr Caligari (1920)
          Réalisation : Robert WIENE
          Scénario : Carl MAYER.et Hans JANOWITZ ; Photo : Willy HAMEISTER ; décors ; Hermann WARM et Walter RÖHRIG ; costumes : Walter REIMANN ; collaborateur à la mise en scène : Rochus GLIESE ; producteur : Erich POMMER, Dekla Bioskop. (l500 m.)
          Présenté en février 1920.
          Nouvelle version musicale : Peter SCHIRMANN
          Interprétation. : Werner KRAUSS (Çaligari), Conrad VEIDT (Cesare), Lil DAGOVER (Jane), Friedrich FEHER (Francis) Hans H. VON TWARDOWSKI (Alan), Rudolf LETTINGER (Dr. Olsen), Rudolf KLEIN-ROGGE (un criminel)
          Autres versions :
          Kabinett des Dr Larifari (das) — Allemagne — 1930 — Réal. Robert WOLMUTH —  parodie.
          Le Cabinet du Dr Caligari (Cabinet of Caligari) — USA — 1962 — Réal. R. KIAY — Int. Glynis Johns, Dan O'Herlihy — Cinémascope.

 

          Le Sujet : Dans une fête foraine, vers 1830, le Docteux Caligari montre Cesare, un somnambule qui prédit à un étudiant qu'il vivra « jusqu'à l'aube ». Ce dernier est en effet assassiné et son ami soupçonne Caligari. Celui-ci ordonne à Cesare d'enlever une jeune femme. Le somnambule poursuivi meurt d'épuisement, son maître est emprisonné, mais s'enfuit et se réfugie dans un asile de fous dont il devient le directeur. On explique en conclusion que cette fable était l'invention d'un fou décrivant comme un Caligari le directeur de son asile psychiatrique.
          Cette fin fut ajoutée par le producteur POMMER au scénario de Carl MAYER, d'après une idée du poète pragois Hans JANOWITZ. Ils avaient mis dans leur histoire divers souvenirs datant de la récente guerre et en avaient fait une satire de l'autoritarisme prussien, transformant les hommes en automates, comme Caligari avec le somnambule Cesare.
          Fritz LANG avait d'abord été choisi comme metteur en scène mais, empêché, il fut remplacé par Robert WIENE, cinéaste de deuxième plan. Le film fut réalisé en deux ou trois semaines avec un petit budget.
          Werner KRAUSS et Conrad VEIDT, qui devaient être, quelques années plus tard, parmi les grandes vedettes du cinéma européen, touchaient environ 30 dollars par jour.
          Présenté en Allemagne, le film fut sifflé par un public trop concerné par ses obsessions ; ce n'est qu'après sa présentation en privé en France et en Angleterre qu'il fut reconnu comme un film révolutionnaire et obtint un grand succès.
          Le Réalisateur : Robert, WIENE (Saxe 1881 — Paris 1938). D'abord acteur de théâtre, il vient au cinéma en 1914. Il réalise :
          1916 — FROMONT- JEUNE ET RISLER AINE — d'après Daudet — avec Jannings
          1920 — Le Cabinet du Dr Caligari
          1921 — GENUINE
          1923 — RASKOLNIKOFF
          1924 — LES MAINS D'ORLAC — d'après Maurice Renard
          1926 — LE CHEVALIER A LA ROSE — d'après Richard Strauss et Hugo Von Hoffmannsthal — avec Huguette Duflos et Jaque-Catelain.
          1928 — LA GRANDE AVENTURIERE —
          Citons encore :LE PROCUREUR HALLERS (Der Andere) d'après Paul Lindau ; MADAME BARBE-BLEUE avec Lil Dagover (1930) ; Eine Nacht in Venedig ; TYPHON. Il supervise LA SYMPHONIE DES BRIGANDS — réal, Friedrich Feher.
          Il vient en France et entreprend en 1938 ULTIMATUM que la mort l'empêche de finir.

 

 

          FICHE TECHNIQUE
          Titre Original : Dr Mabuse der Spieler (1 — Ein Bild der Zeit — 2 — Menschen der zeit/Inferno) (1922)
          Réalisation : Fritz LANG
          Scénario : Fritz LANG et Thea VON HARBOU d'après le roman de Norbert JACQUE ; Photo — Carl HOFFMANN ; Décors : Otto HUNTE et STAHL-URACH ;
          Présenté en avril et mai 1922.
          Nouvelle version musicale — Konrad ELFERS.
          Interprétation : Rudolf KLEIN-ROGGE (Mabuse), Aud Egede NISSEN (Cara Carozza), Gertrud WELCKER (La Comtesse Told), Alfred ABEL (le comte Told), Bernhard GOETZKE (Von Wenk ), Paul RICHTER (Edgar Hull), Hans Adalbert VON SCHLETTOW (Georg, le chauffeur), Robert Forster LARRINAGA (Spoerri, le secrétaire), Georg JOHN ( Pesch, le maître d'hôtel), Karl HUSZAR (Hawasch), Grete BERGER (Fine, la bonne), Julius FALKENSTEIN (Karsten), Lydia POTECHINA (femme russe), Julius HERRMANN (Schramm), Karl PLATEN (domestique des Told), Anita BERBER (danseuse), Paul BIENSFELDT (homme au revolver), Edgar PAULY (un gros spectateur à la séance d'hypnotisme), Julie BRANDT, August PRASCH-GREVENBERG, Adele SANDROCK, Max ADALBERT, Gustav BOTZ, Leonhard HASKEL, Erner HÜBSCH, Gottfried HUPPERTZ,, Hans JUNKERMANN, Alfred KLEIN, Erich PABST, Hans STERNBERG, Olaf STORM, Erich WELTER, Viktor JANSON, Wassily VRONSKY, Heinrich GOTHO.
          Autres Versions
          Le Testament du Docteur Mabuse ( Das testament des Dr Mabuse) — Allemagne 1932 — Réal. Fritz LANG — Scén. : Fritz Lang et Thea Von Harbou ; Photo : Fritz Arno Wagner, Karl Vash ; Musique : Dr Hans Erdmann ; Décors : Karl Vollbrecht, Emil Hasler. Principaux Interprètes : Rudolph Klein-Rogge (Mabuse ), Oslmr Beregi (Prof. Dr. Baun ), Theodor Loos ( Dr. Kramm), Otto Wernicke (Commissaire Karl Lohmann), Klaus Pohl (Müller), Wera Liessem (Lilli), Gustav Diessl (Kent), Camilla Spira (Juwelen-Anna), etc. — 122 mn.
          La version française est réalisée la même année. Adaptation et dialogues : A. René Sti. Le film avait été produit par Nero-Fîlm-gesellschaft/Constantin.
          Le Diabolique Dr. Mabuse ( Die 1 000 Augen des Dr Mabuse ) — All.-Italie 1960 — Réal. : Fritz Lang ; Scén. : F. Lang, H. Oskar Wittig d'après une idée de Jan Fehtge ; Photo : Karl Loeb ; Montage : T. Wischniewsky ; Mus. : Gerhard Becker ; Cost. : Ina Stein ; Déc. : Erich Kettelhut, J. Ott ; Son. : Eduard Kessel. Principaux Interprètes : Dawn Addams (Marion Menil), Peter Van Eyck (Henry B. Travers), Wolfgang Preiss (Jordan-Cornelius), Gert Fröbe (Com. Krass), Werner Peters, Andrea Cecchi, Howard Vernon ( Nr. 12 ),etc. — 103 mn.
          Production CC-Film Arthur Brauner et Cei-Incom. Distrib. en France : Impéria pour Paris, Loye pour Lyon.
          Le Retour du Dr. Mabuse (Im Stahlnetz des Dr. Mabuse) — All.-France-Italie 1961 — Réal. : Harald Reinl — Prod. : CCC-Film, Spa Cinematografica, Griterion ; Mus. : Peter Sandloff. 91 mn. Principaux Interprètes — Gert Fröbe, Lex Barker, Daliah Lavi, Fausto Tozzi., Joachin Mook, Rudolf Foster, Rudolf Fernau, Werner Peters.
          Le Testament du Dr. Mabuse (Das Testament des Dr. Mabuse) — Allemagne 1962 — Réal. : Werner Klinger — Prod. : CCC-Filmkunst, Berlin ; Mus. : Raimund Rosenberg ; 88 mn. Principaux Interprètes : Gert Fröbe (Com. Lohmann), Senta Berger (Nelly), Helmut Schmid (Johnny Briggs), Charles Regnier (Mortimer), Walter Rilla (Prof. Polland), Harald Juhnke (Détective), Leon Askin (Flocke), Ann Savo (Heidi), Claus Tinney (Jack), Zeev Berlinski (Gulliver), Albert Bessler ( Joe l'étrangleur), Wolfgang Preiss (Dr. Mabuse) etc.
          L'Invisible Dr. Mabuse (Die Unsichtbaron Krallen des Dr. Mabuse) — All. 1962 — Réal. : Harald Reinl ; Prod : CCC-Filmproduktion, Berlin ; Musique : Peter Sandloff — 89 mn. Princ. Interp.-. Lex Barker, Karin Dor, Siegfried Lowitz, Wolfgang Preiss, Rudolf Fernau, Kurt Pieritz, Werner Peters...
          Mabuse attaque Scotland Yard (Scotland Yard jagt, Dr. Mabuse) — All. 1964 — Réal. : Paul May ; Prod. : CCC-Filmproduktion ; Photo. ; Nenad Jovicic ; Mus. : Rolf Wihelm ; 90 mn. Princ. Interp. : Peter Van Eyck, Sabine Bethmann, Dieter Borsche, Werner Peters, Agnes Windeck, Klaus Kinski, Walter Rilla, Wolfgang Lukschy, Albretch Schoenhals...

 

          Le Sujet -. Le bandit Mabuse, en lutte contre le Dr. Wenk, réussit un coup de bourse, vole 50 000 dollars au jeu à un millionnaire et le fait séduire par sa maîtresse. Le détective le cherche dans un tripot, il lui échappe, son amie arrêtée se tue en prison. Après avoir évité divers attentats, le policier traque Mabuse qui s'enfuit par les égouts. Assiégé avec sa bande par Wenk, qui délivre la femme du millionnaire, il est finalement capturé et enfermé dans un asile d'aliénés.
          Comme il fut d'usage alors, les versions étrangères furent différentes de l'originale. Notamment la française et la soviétique, que montèrent S.M. Eisenstein et Esther Choub, qui transformèrent les combats de rue en épisodes révolutionnaires.
          Le Réalisateur : Né le 5 décembre 1890 à Vienne. Architecte puis soldat (capitaine à la fin de la guerre.). Privé d'un oeil, convalescent, il écrit des scénarios que réalisent pour la « Decla » d'E. Pommer, Joë May, Otto Rippert et A. Nouss. Puis il réalise :
          1919 — LE MEPRIS — Int. Gina Langer, Carl Vogt
          LES ARAIGNEES ( Die Spinnen
          MADAME BUTTERFLY ( Hara Kiri)
          1921 — Les Trois Lumières
          1922 — Mabuse le Joueur
          1923 — Les Niebelungen — I -.La Mort de Siegfried
          1924 —  &9; II — La Vengeance de Kriemhild
          1926 — Metropolis
          1928 — LES ESPIONS — Int. Gerda Maurus, W. Fritsch
          LA FEMME DANS LA LUNE — d'après Thea Von Harbou
          1932 — M. LE MAUDIT — Sc. Lang et Thea Von Harbou ; Dec. Vollbrecht et E. Hassler ; Photo : F.A. Wagner — Int. : Peter Lorre (premier parlant de Lang)
          1933 — Le Testament du Dr. Mabuse
          1933 — LILIOM — from Molnar, Di. : Zimmer ; Photo : Maté — Int. : Ch. Boyer (à Paris)
          Divorce avec Thea Von Harbou. Part aux Etats-Unis
          1936 — FURY — Sc. N. Krasna — Int. Spencer Tracy, Sylvia Sydney
          1937 — J'AI LE DROIT DE VIVRE ( You only live once) — Int. : H. Fonda, S.Sydney
          1938 — YOU AND ME
          1940 — LE RETOUR DE FRANK JAMES ; 1941 — LES PIONNIERS DE LA-WESTERN UNION ; CHASSE A L'HOMME — 1942 — LES BOURREAUX MEURENT AUSSI — 1943 — ESPIONS SUR LA TAMISE — 1944 — LA FEMME AU PORTRAIT — 1945 — LA RUE ROUGE — 1946 — CAPE ET POIGNARD ; LE SECRET DERRIERE LA PORTE ; 1949 — HOUSE BY THE RIVER — 1950 — GUERILLAS — 1951 — L'ANGE DES MAUDITS ; LE DEMON S'EVEILLE LA NUIT — 1952 — LA FEMME AU GARDENIA — 1953 — REGLEMENT DE COMPTE — 1954 — DESIRS HUMAINS ; LES CONTREBANDIERS DE MOONFLEET — 1955 — LA CINQUIEME VICTIME — 1956 — L'INVRAISEMBLABLE VERITE.
          Retour en Allemagne en 1958.
          1958 — LE TOMBEAU HINDOU — LE TIGRE DU BENGALE — 1961 — Le Diabolique Dr. Mabuse

 

          NOSFERATU LE VAMPIRE

 

          FICHE TECHNIQUE
          Titre Original : Nosferatu, eine Symphonie des Grauens — (1922)
          Réalisation : Friedrich Wilhelm MURNAU
          Scénario : Henrik GALEEN, d'après « Dracula » de Bram Stoker ; Photo : Fritz Arno WAGNER ; Décors et.Cost. :.Albin GRAU ; Product. : Prana Co.
          Présenté en mars 1922.
          Nouvelle version Musicale : Peter SCHIRMANN
          Interprétation : Max SCHRECK (Orlok — Nosferatu), Gustav VON WANGENHEIM (Hutter), Greta SCHROEDER
          (Minna), Alexander GRANACH (Renfield), G.H. SCHNELL (Harding), Ruth LANDSHOFF (Annie), John GOTTOWT (Pr. Bullwer), Gustav BOTZ (Pr. Siwers), Max NEMETZ (Le Capitaine), Wolfgang HEINZ (le maître d'équipage), Albert DONOHR (un marin), HERZFELD (l'aubergiste), Hardy VON FRANCOIS (le médecin), Heinrich WITTE.
          Autres Versions :
          Il serait trop long de donner une liste complète des multiples films tirés du roman de Bran Stoker ou plus simplement utilisant son personnage central : DRACULA. Nous nous contenterons donc de citer les oeuvres les plus importantes, renvoyant les intéressés à la revue MIDI-MINUIT (1963) ou MERCURY (n° 11 — juin .66).
          Dracula — 1931 — Réal. : Tod Browning — USA — Int. Bela Lugosi
          Mickey's gala premier — 1933 — Réal. : Walt Disney — Dessin animé de 7 mn.
          Dracula's daughter — 1936 — Réal.-. Lamber Hillyer — Int. : Gloria Holden et Bela Lugosi
          Drakula Istambulda — 1938 — Réal.. — Mehmet Muhtar — Int. :Atif Kaptan — Turquie
          Son of Dracula — 1943 — Réal. : Robert Siodmak — USA — Int. : Lon Chaney Jr.
          House of Dracula — 1945 — Réal. : Erle C. Kenton — USA —
          Blood of Dracula — 1957 — Réal. : Herbert L. Strock — USA
          The Return of Dracula — 1958 — Réal. : Paul Landres — Int. Francis Lederer, Virginia Vincent.
          Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) — 1958 — Réal. : Terence Fisher — int. : Christopher Lee (Dracula), Peter Cushing (Dr. Van Helsing ), Michael Gough...
          Fantasmagorie — 1962 — Réal. Patrice Molinard — France — Court Métrage — Int. : Venantino Venantini, Edith Scob, Jean Henry.
          Dracula, prince des Ténèbres (Dracula, prince of darkness) — Réal. : T. Fisher — 1965 — Int. : Christopher Lee — Barbara Shelley, Andrew Keir...
          De nombreux autres films ont vu apparaître Dracula tels : House of Frankenstein,(1944), Abbott and Costello meet Frankenstein (48), Billy the Kid meet Dracula, Deux Nigauds contre Dr.Jekyll et Mr. Hyde, mais le personnage n'y est plus qu'un prétexte. Parmi les films à essence vampirique n'ayant que peu de rapport avec le roman de Stoker , signalons Vampyr (1932) de C.Dreyer, Le Baiser du Vampire (1963) de Don Sharp, Le Masque du Démon, de Bava, La Crypte du Vampire, etc.

 

          Le Sujet : : « Le sujet, n'est pas, comme on pourrait pourtant le supposer, une légende tirée d'un recueil démonologique, mais la METAMORPHOSE d'un univers provincial et bourgeois de 1830 en un monde habité par la mort et la désolation. Cette phrase de Jean Domarchi définit parfaitement l'oeuvre de Murnau. Avec NOSFERATU LE VAMPIRE, le film d'horreur faisait son apparition au cinéma. Mais son importance ne provient pas de ce qu'il a été le premier film d'un genre qui, en vérité, a produit peu de chefs-d'oeuvre, mais de ce qu'il n'a jamais été dépassé. Pour les spectateurs des années 23, dont la mémoire était sensibilisée par le souvenir de la guerre, NOSFERATU n'était sans doute qu'un « effrayant divertissement ». Loin de l'atteindre, le temps a donné au film des dimensions nouvelles. Toute une obscure symbolique, noyée dans la représentation forcément limitée de l'esprit du mal, s'est dégagée de l'anecdote pour atteindre à une bouleversante grandeur. L'utilisation des décors naturels, en introduisant la réalité dans le monde mystérieux de la légende, imprégnait l'oeuvre de MURNAU d'une atmosphère hallucinante. NOSFERATU traversant le pont, son cercueil sous le bras, à travers la ville déserte, ravagée par la mort, demeure une des images clé du film. En s'engageant sur le chemin où il trouvera sa propre destruction, le vampire se heurte au monde que ses sortilèges ont pu dévaster mais non détruire. La beauté des images est ici très élaborée. Le metteur en scène a -utilisé toutes les ressources de la photographie pour exprimer sa pensée. Conscient de l'importance de son film, il n'a pas hésité à entourer de mystère sa réalisation. .C'est ainsi que le rôle de NOSFERATU, attribué à Max SCHRECK, n'a pas, en réalité, été joué par cet acteur de music-hall. Aussi ne connaît-on pas celui dont le visage devait, pour tant de spectateurs, devenir le visage du mal.
          Jean RAFFI

 

          Vers 1830, l'employé d'un agent immobilier quitte sa femme Ellen pour les Carpathes où il rencontre Nosforatu. Celui-ci quitte son château dans un cercueil rempli de terre, sur un bateau grouillant de rats pesteux. Etabli dans une ville hanséatique, le vampire disparaît pour avoir été amoureux d'Ellen et s'être laissé surprendre par l'aube,
          Réalisé surtout en extérieurs, les décors (peu nombreux) d'A. Grau sont plus réalistes que déformés, moins fantastiques en tous cas que plusieurs décors naturels : le château par exemple.
          Le succès fut immense en Allemagne et en France où il enthousiasme les surréalistes. On le trouva plutôt ridicule en Angleterre et aux USA où il engendra pourtant une nombreuse postérité.
          Il existe plusieurs versions assez différentes de par le monde.

 

          Le Réalisateur : 'De son vrai nom F.W. PUMPE, né à Bielefeldt (ou à Murnau) le 28/12/1889. Etudes d'histoire de l'art, puis la guerre dans l'aviation. Monte des spectacles d'avant-garde à Berlin, Munich, Vienne dont LE MIRACLE avec Max REINHARDT. Réalise :
          1919 — LE BOSSU ET LA DANSEUSE (Der Knabe in Blau, Der Büklige und die Tânzerin) — en France : Promenade dans la Nuit
          1920 — Dr. JEKYLL ET MR. HYDE (Januskopf) ou Satanas ou La Tête de Janus — Int. : Conrad Veidt, M. Schlegel
          1921 — LE CHATEAU VOGELOD (Schloss Vogelöd — Sc. : Carl Mayer et B. Viertel.
          SEHNSUCHT ou PROMENADE DANS LA NUIT — Int. Conrad Veidt, Olaf Fons
          1922 — MARRIZZA GENANNT DIE SCHMUGGLER MADONNA
          Nosferatu le Vampire.
          LE FANTOME (Fantom) d'après G. Hauptmanm — Sc. Von Harbou
          LA TERRE QUI FLAMBE (Der Brennende Acker) — Sc. Von Harbou, A.Rosen, W.Hans ; Ph. : A.Wagner et C. Freund — Int. : Lya de Putti2
          1923 — LES FINANCES DU GRAND DUC — Sc. Von Harbou
          L'EXPULSION (Die Austreibung) d'après Sudermann
          1924 — Le dernier des hommes.
          1925 — TARTUFFE, — d'après Molière — Sc.. : C. Mayer ; Ph. : C. Freund — Int. Jannings, W. Krauss, Lil Dagover
          1926 — FAUST — Sc. : Hans Kyser — Ph. : Freund — Int. : Gosta Eckmann, Jannings, Camilla.Horn, Yvette Guilbert...
          Départ aux U.S.A.
          1927 — L'AURORE (Sunrise) d'après Sudermann — Sc. Mayer — Ph. : K.Struss et K. Rosher — Int. : Janet Gaynor, George O'Brien
          1928 — LES QUATRE DIABLES (Four Devils) d'après Herman Bang
          1929 — LA BRU (City Girl)
          1928-31 — TAB0U avec Robert. FLAHERTY.
          Mort le 11/3/31 en auto en se rendant à la présentation de ce film.

 

          LE DERNIER DES HOMMES

 

          Titre Original : Der Letzte Mann (1924)
          Réalisateur : W.F. MURNAU
          Scénario :. Carl MAYER ; Photo : Kaxl FREUND ; Décors : R. HERLTH et H. RÖHRIG ; Prod. Erich POMMER, UFA (2036 m.)
          Interprétation : Emil JANNINGS (le portier), Maly DELSCHAFT (sa fil1e), Max HILLER, Hans UNTERKIRCHEN, Olaf STRUMM, Hermann VALENTIN, Emma WYDA, Georg JOHN, Emilie KURZ.

 

          Le Sujet : Le portier d'un palace berlinois, parce qu'il est trop vieux, est dépouillé de son uniforme rutilant et devient gardien de lavabos. Humilié il pense au suicide dans le pauvre logement où il vit avec sa fille et son fiancé.
          Pour une fin heureuse (parodique) ajoutée à la demande de Jannings qui voulait une fin heureuse, il devient un client millionnaire du palace.
          Film sans inter-titres ; expressionnisme des objets rendu par une caméra mobile. C'est LUPU PICK qui devait réaliser ce film. Un désaccord avec MAYER laissa la place à MURNAU. Avec Le Rail et La Nuit de la Saint-Sylvestre ( films réalisés avec Lupu Pick), Le Dernier des Hommes formait, dans l'esprit du scénariste, une trilogie.

 

          Ce film devait clore une trilogie née de la collaboration de Carl MAYER (le Scénariste de CALIGARI) et de LUPU PICK, médiocre :réalisateur de LE RAIL et de LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE. A la suite d'un conflit entre scénariste et auteur, E. POMMER, producteur à la UFA, confia la réalisation de ce film à MURNAU qui venait de terminer NOSFERATU et allait entreprendre FAUST.
          MURNAU proposa à Karl FREUND de libérer sa caméra, de la rendre mobile, de la porter directement ou de la placer sur une plate-forme roulante. C'est alors que Carl MAYER, prévoyant génialement toutes les possibilités de cette nouvelle technique cinématographique, réécrivit le scénario et en tira un découpage adapté aux nouvelles possibilités. Cette innovation permit de supprimer tous les inter-titres.
          Scénaristes et réalisateurs ont voulu donner à l'histoire un ton essentiellement psychologique et bien dans l'optique du Kammerspiel, dont l'objet principal était de refuser le grandiloquent et le paroxysme expressionniste au profit de la simplicité d'un drame et de la sobriété du jeu des acteurs.
          Il appartient à la caméra d'exprimer les sentiments des personnages et l'atmosphère vécue. Le récit repose sur de nombreux symboles — le visage, symbole de l'âme ; un bouton qui se détache, symbole de la perte de statut ; une porte tournante, symbole de la vie et du mouvement des humains ; vue en contre-plongée pour magnifier le portier, vue en plongée pour accentuer sa déchéances...- que le spectateur doit déchiffrer pour atteindre l'idée.
          Réalisé en 1924, ce film est toujours aussi neuf tant en ce qui concerne le style cinématographique que le langage même qui utilise toutes les ressources de l'image. Un de ces rares films où, comme le signalaient J.L. BOUQUET et H. FESCOURT dans L'IDEE ET L'ECRAN (1925), tout est dit sans que tout soit montré.
          Gérard TEMEY

 

          METROPOLIS
          Réalisation : Fritz LANG (1926)
          Scénario : Thea Von Harbou et Fritz Lang, d'après le roman de Thea Von Harbou
          Photo : Karl Freund et-Günther Rittau ; décors : Otto Hünte, Erich Kettelhut, Karl Vollbrecht ; costumes : Anne Willkomm ; sculptures : Walter Schultze-Middendorf ; effets spéciaux : Eugène Schufftan ; production : Erich Pommer,.UFA
          Première version musicale : Gottfried Huppertz
          Seconde version musicale : Konrad Elfers
          Interprétation : Brigitte HELM (Maria), Alfred ABEL (John Fredersen Jr.), Gustav-FROELICH (Freder Fredorsen), Rudolph KLEIN-ROGGE (Rotwang), Heinrich GEORG (contremaître), Fritz RASP (Grot), Theodor LOOS, Erwin BISWANGER

 

          Le Sujet : Au XXIème siècle, une gigantesque métropole est autoritairement gouvernée par un super-trusteur qui vit avec son fils et ses principaux collaborateurs dans le paradisiaque jardin suspendu d'Yoshiwara. Ses ouvriers sont relégués dans des souterrains et exhortés à la résignation par une belle salutiste. A sa ressemblance, un inventeur fou fabrique une femme artificielle. Elle pousse les travailleurs à une révolte dont leurs enfants sont les premières victimes. En conclusion, un contremaître se réconcilie avec le grand patron sur le parvis d'une cathédrale tandis que son fils épouse la salutiste.

 

          Plus qu'une anticipation, METROPOLIS, cité de l'utopie, nous propose une méditation « sur certaines limites de l'homme et de l'univers fantastique qu'il peut créer de toutes pièces ». Des images d'une rare beauté plastique nous décrivent la ville basse où des travailleurs automatisés s'échinent sans espoir à faire vivre la ville haute, sorte de paradis terrestre, au-delà des contingences matérielles. La prise de conscience de cette démesure sociale fait naître un conflit dont la conclusion teintée d'optimisme permettra d'aboutir à l'humanisation du système en vigueur. Le thème du film, ramené à quelques scènes caractéristiques, est parfois exprimé de façon assez pesante. Le jeu des acteurs notamment, fidèle à l'esprit de l'école expressionniste, accentue le côté primaire, presque artificiel du monde que l'on veut nous décrire. La représentation de la ville haute n'a pas échappé non plus aux poncifs, à tous les poncifs hélas, des années 25. Et cependant le film n'a pas vieilli, il conserve cette vigueur d'expression qui est la marque des grands metteurs en scène. La description du bonheur-est toujours difficile et n'arrive jamais à se libérer complètement des exigences qu'une mode apporte et qu'une autre mode fait oublier. La douleur, elle, conserve en dehors du temps le même visage. C'est pourquoi sans doute les longues foules de travailleurs désespérés de la-ville basse possèdent le mystérieux pouvoir de nous bouleverser.
          A la vue de ces sombres théories d'hommes déchus, on ne peut s'empêcher de penser à l'extraordinaire prophétie que constituait ce film, tourné en 1926. A travers l'anecdote, au delà d'un thème lourdement exprimé, les turpitudes et les dérèglements de l'Allemagne hitlérienne allaient tragiquement illustrer la pensée de Lang.
          Jean RAFFI

 

          Oeuvre grandiose, METROPOLIS fut tourné en 310 jours et 60 nuits. Il fut utilisé poux sa réalisation 620.000 mètres de pellicule négative ; 750 acteurs, 36.000 figurants, 750 enfants, 100 noirs, 25 chinois participèrent à l'interprétation.
          Er, 1959e LANG disait : « Je n'aime pas METROPOLIS. La conclusion est fausse. Je ne l'acceptais déjà pas quand je réalisais le film. » Après la prise du pouvoir par les nazis, Goebbels le fit appeler et lui apprit « qu'il avait vu jadis avec le Führer METROPOLIS dans une petite ville et qu'Hitler lui avait alors dit qu'il désirait lui voir réaliser des films nazis » (1941). Enfin, les déportés construisant à Mauthausen en 1943 un gigantesque escalier se disaient dans ce camp de la mort :« On dirait Metropolis ».
          Science-fiction par bien des côtés, expressionniste et médiévale, sa feme-machine est parente du Golem et de l'Homonculus, comme de Caligari et de Nosferatu.
          Le livre de Thea VON HARBOU a été publié en France par NRF, 1928.

 

          LES TROIS LUMIERES
          Titre original : Der Müde Tod (titre anglais : Destiny) — (1921)
          Réalisation : Fritz LANG
          Scénario : Fritz LANG et Thea VON HARBOU ; Photo : Fritz-Arno WAGNER, Erich NITSCHMANN, Herman SAALFIANTI ; Décors :. Robert HERLTH, Walter RÖHRIG, Herman WARM ; Production. — Decla Bioscop — 2400 m.
          Interprétation : Lil DAGOVER, Bernard GÖTZKE, Walter JANSSEN, Rudolf KLEIN-ROGGE

 

          Le Sujet : Vers 1830, une jeune femme, pour retrouver son bien-aimé, vient supplier la Mort. Mort qui évoque trois destins tragiques, à Bagdad au IXème siècles à Venise, au XVIIIème, et dans une Chine magique. Elle se tue pour retrouver son amant mort.
          Les trois évocations forment les parties les plus discutables du film, dans un style plus proche du music-hall ou de Lubitsch que de la manière propre à Lang. Ce qui fit l'intérêt et le succès mondial du film, ce fut le dialogue de la jeune femme et de la Mort.
          Dans les décors, on trouve, certes, l'expressionnisme des décorateurs (déjà ceux de CALIGARI) mais aussi le génie architectural de Fritz Lang.

 

          LES NIEBELUNGEN

 

          Titre original : Die Niebelungen — 1- Siegfrieds Tod — 2 — Kriemhildes Rache (1924)
          Réalisation : Fritz LANG
          Scénario : Fritz LANG et Thea VON HARBOU ; Photo : Carl HOFFMANN, Gunther RITTAU ;. Décors : Otto HUNTE, Karl VOLLBRECHT, Erich KETTELHUT ; Costumes : Paul Gord GUDERIAN ; Maquillage : Otto GENATH ; Musique : Gottfried HUPPERTZ ; Prod. UFA — 240 mn
          La séquence « le Rêve des flèches » a été réalisée par Walter RUTTMANN
          Interprétation : Paul RICHTER (Siegfried), Margarete SCHOEN (Kriemhilde), Hanna RALPH (Brunehilde), Theodor LOOS (le roi Gunther), H. VON SCHLETTOW (le traître Hagen), Georg JOHN, R. KLEIN-ROGGE, Bernard GOETZKE, Gertrud ARNOLD, H.C. MULLER, Erwin BISWANGER, Hardy VON FRANCOIS, Frida RICHTER, Iris ROBERTO...

 

          Le Sujet : Siegfried, après avoir vaincu des monstres, devient invulnérable en se baignant dans le sang d'un dragon. Avant d'épouser Kriemhilde, princesse des Burgondes, il a dû conquérir pour son frère, le roi Gunther, la belliqueuse reine Brunehilde. Tous les deux se liguent contre Siegfried, excités par le traître Hagen qui tue le héros.
          La deuxième partie montre Kriemhilde, ayant épousé Attila, qui convie à un banquet Gunther et Hagen qui sont massacrés dans une bataille livrée par les Huns. Incendie du Palais. Kriemhilde périt à son tour.

 

          La préparation du film dura deux ans, le tournage sept mois. Le scénario de Thea Von Harbou s'inspira moins de Wagner que des anciennes légendes germaniques. Siegfried est dominé par une rigoureuse architecture alors que dans Kriemhilde, la note dominante est donné par les incendies, les massacres, le chaos d'un terrifiant Crépuscule des Dieux.
          Le film fut entièrement réalisé en studio. Sous Hitler, on continua de projeter SIEGFRIED en version sonorisée mais non pas KRIEMHILDE.

 

          Autres Versions :
          vers 1913 — La Trompe d'Or — réal. :. Von der Aa-Kühle ( Danemark)
          1933 — La Mort de Siegfried — version sonorisée de la première partie du film de Lang (2588 m.) commentée par Theodor Loos.
          Une version moderne vient d'être réalisée ces derniers mois en Allemagne par Harald Reinl.

 

          QUELQUES NOTES

 

          CARL MAYER — Scénariste né à Gratz (Autriche) en 1892, mort à Londres en 1944.
          Réalise les scénarios de :
          1920 — LE CABINET DU Dr. C.ALIGARI ( avec H.Janovitz) ;
          ROSE BERND ;
          1921 — L'ESCALlER DE SERVICE ;
          LE RAIL ;
          LE CHATEAU VOGELOD ;
          1922 — VANINA ;
          FRAULEIN JULIE ;
          1923 — LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE ;
          L'EXPULSION ;
          1924 — LE, DERNIER DES HOMMES ;
          LA PUISSANCE DES TENEBRES ;
          1925 — LA CHRONIQUE DE GRIESEHUSS ;
          1926 — LE DERNIER FIACRE DE BERLIN ;
          1927 — SYMPHONIE D'UNE GRANDE VILLE ;
          L'AURORE ;
          1930 — ARIANE ;
          JEUNE FILLE RUSSE ;
          1931 — L'HOMME QUI ASSASSINA (d'après Claude Farrère) ;
          1932 — DER TRAUMENDE MUND.

 

          Ouvrages Consultés :
          Histoire du Cinéma Mondial des Origines à nos jours — Georges Sadoul — Flammarion — 1966.
          La Foi et les Montagnes — Henri Fescourt — Paul Montel — 1959
          Histoire illustrée du Cinéma — René Jeanne et Charles Ford — bibl. Marabout Ed. Gérard — 1966
          Histoire du Cinéma — Maurice Bardèche et Robert Brasillach — Le Livre de Poche — 1965
          Dictionnaire des Films — Georges Sadoul — Microcosme — Ed. du Seuil — 1965
          Histoire du Cinéma — Pierre Leprohon — Ed. du Cerf — coll. 7ème art — 1963
          Imagen y ciencia ficcion — Luis Gasca — pub. by Festival internacional del cine de San Sebastian — 1966
          Grand Larousse Encyclopédique
          L'Indicateur du Film — Ed. de Lyon
          L'Ecran Démoniaque — Lotte H. Eisner — Ed. du Terrain Vague
          Murnau — Lotte H. Eisner — Terrain Vague
          L'Idée et l'Ecran — J.L.Bouquet et H.Fescourt -1925-26
          Revues Midi-Minuit Fantastique — Ed. du Terrain Vague
          Mercury — éd. by J.P.Fontana et G.Temey
          Fiches F.F.C.C.
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